Le monde entier vit au rythme de la propagation de coronavirus. Avec plus de 137.000 personnes contaminées et plus de 5.040 décès à l’échelle planétaire, la pandémie bouleverse la vie quotidienne de centaines de millions de personnes avec écoles et lieux publics fermés, déplacements limités, frontières closes, événements sportifs et culturels annulés ou reportés.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti, hier, que l’Europe était désormais devenue «l’épicentre» de la pandémie mondiale de coronavirus et que le continent relevait plus de cas par jour que la Chine au plus fort de l’épidémie. «L’Europe est désormais devenue l’épicentre de la pandémie
de covid-19, avec plus de cas et de décès signalés que dans le reste du monde, à l’exception de la Chine, a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse. Il a décrit les plus de 5.000 décès dans le monde comme «un moment tragique» et mis en garde les autres pays contre la minimisation du danger. «Tout pays qui considère l’expérience des autres pays confrontés à de grandes épidémies et pense que «cela n’arrive qu’aux autres» commet une erreur mortelle. Cela peut arriver à n’importe qui», a-t-il souligné.
Plus de 137.000 personnes ont été infectées dans le monde, la plupart en Chine, où plus de 3.000 malades sont décédés. En Europe, c’est l’Italie qui détient le triste record des cas recensés, avec plus de 15.000 cas confirmés de covid-19 et 1.016 personnes décédées. Mais il faut tout de même noter, pour introduire une note d’optimisme, que plus de 69.000 personnes atteintes de coronavirus sont déjà guéries dans le monde.
En attendant d’autres guérisons, l’épidémie continue de progresser et de contraindre nombre de pays à prendre encore et encore de nouvelles mesures. A l’instar de la France qui a rejoint la liste des pays dont les écoles, crèches et universités vont fermer. Les rassemblements de plus de cent personnes sont par ailleurs interdits.
L’épidémie continue à prendre des proportions alarmantes en Iran, qui a annoncé, hier, 85 nouveaux décès, le plus lourd bilan en une journée dans ce pays. La contamination est telle que les forces armées ont été appelées hier à «vider les rues» dans les 24 heures, afin de contenir la propagation du coronavirus qui y a fait 514 morts.
Les fermetures partielles ou totales de frontières à travers le monde se multiplient, notamment en Europe. La Slovaquie a annoncé la fermeture de ses frontières à tous les étrangers à l’exception des Polonais, très impliqués dans la vie économique locale. La République tchèque va fermer à partir de lundi les siennes, tant aux étrangers voulant entrer dans le pays qu’aux Tchèques voulant le quitter. Hors UE, l’Ukraine a aussi annoncé la fermeture de ses frontières. Les vols vers et depuis l’Europe ont été suspendus dans de nombreux pays d’Amérique latine.
Rebond des marchés après un «krach historique»
Les réactions en ordre dispersées, ajoutées aux mesures jugées décevantes des autorités monétaires comme la BCE et à l’interdiction temporaire d’entrée aux Etats-Unis des voyageurs en provenance d’Europe, ont affolé les marchés qui ont connu jeudi un krach historique, frappant de plein fouet les secteurs du transport aérien et du tourisme et faisant redouter une récession mondiale. Toutefois, les Bourses européennes ont fortement rebondi hier, Milan reprenant 17% en début d’après-midi, une hausse équivalente à l’effondrement de la veille. Paris est en hausse de 8%, Francfort, Londres et Madrid suivant la même trajectoire. Wall Street a également rebondi vivement à l’ouverture (+5,87% pour le Dow Jones).
La pandémie sème aussi le chaos dans le calendrier sportif, avec notamment la suspension des matchs de football professionnel en Angleterre, Italie, Espagne et France. Le Grand Prix d’Australie, qui devait se tenir ce week-end sur le circuit de Melbourne, a été annulé hier. Et l’opportunité de maintenir les Jeux olympiques de Tokyo, en juillet-août, fait débat. La flamme olympique, allumée jeudi sur le site antique grec d’Olympie, a été arrêtée, hier, lors de son passage à Sparte, en raison d’une trop grande affluence augmentant le risque de propagation du coronavirus. Par ailleurs, un porte-parole de la diplomatie de Pékin, furieux d’entendre parler de «virus chinois», a laissé entendre sur Twitter que la maladie aurait pu être importée dans le pays par l’armée américaine, citant un site conspirationniste.