Par Leila Z. et NAZIM B.
C’est une situation pour le moins inquiétante dans laquelle se sont retrouvés des millions d’élèves des trois paliers de l’Education nationale, livrés manifestement à un dangereux vide pédagogique depuis la décision de renvoyer les examens du bac et du BEM au mois de septembre.
Pire encore, depuis cette décision qui a scellé, sans le dire, la fermeture des établissements scolaires, tous les acteurs du secteur semblent avoir rangé leurs affaires et devenus muets pour s’inscrire dans le confort des vacances à la durée étendue à cause de la crise sanitaire. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les animateurs des organisations syndicales, les associations de parents d’élèves, voire même la voix officielle, se sont étrangement éclipsés laissant les élèves abandonnés à leur sort. Même le recours à l’enseignement à distance, qui faisait parler les acteurs du secteur au départ, ne l’est plus, ce qui légitime encore davantage d’interrogations.
Reste vraisemblablement la question relative à la date et au déroulement des épreuves du bac et du BEM qui continue, plus au moins, à faire réagir les acteurs d’un secteur névralgique qui vit une année scolaire particulière. C’est ainsi qu’on se plaît à souligner la possibilité aux élèves candidats aux épreuves du bac et du BEM de retrouver les bancs des écoles avant la date des examens pour pouvoir s’y préparer.
Selon Aïssa Seddiki, membre du Syndicat national des travailleurs de l’Education (SNTE), «la tutelle prévoit des cours préparatoires au niveau des établissements scolaires avant le mois de septembre». Notre interlocuteur estime que «ces cours visent à mettre les candidats dans les meilleures conditions psychologiques avant le jour J. Ces candidats ne peuvent pas passer l’examen juste après les vacances», relevant la nécessité pour que ces derniers puissent bénéficier de quelques séances de révisions sur fond de préparation psychologique». Or, le plus urgent à l’heure actuelle, c’est de leur éviter une rupture avec leurs habitudes d’enseignement et de les garder en contact avec le programme pédagogique.
Sollicitée par nos soins pour un éclairage de professionnel, Fatima-Zohra Sebaa-Delladj, psychologue et maître de Conférences Université-Oran 2, a mis en exergue la nécessité de maintenir la temporalité scolaire des élèves. Il s’agit, a-t-elle expliqué, de «discuter avec les enfants en leur expliquant la situation et leur proposer d’arrêter ensemble un programme pour tous les jours de la semaine (reprendre les grandes lignes de leur emploi du temps scolaire). Pour la psychologue, l’enfant «ne doit pas rester sans activité, favorisant par cette passivité des situations d’angoisse, mais doit suivre un programme qu’il aura lui-même choisi. Le rythme scolaire doit être maintenu, même s’il est un peu plus allégé. Ainsi l’adolescent sera encadré et contenu».
Les voix des spécialistes entre psychologues et pédagogues notamment ne semblent pas, malheureusement, bénéficier de l’attention qu’elles méritent quand elles s’expriment sur une situation exceptionnelle que traverse l’Ecole algérienne où les lacunes ne manquaient pas déjà en temps ordinaire.