Le ministre de l’Energie Abdelmadjid Attar a fait savoir, hier, que le processus d’approbation des textes d’application pour la nouvelle loi sur les hydrocarbures devrait aboutir dans les prochains mois.

Le ministre, qui explique que «la rédaction des 32 textes» était finalisée, «30 sont au Secrétariat général du gouvernement et 2 ont été terminés cette semaine et devraient être transmis au Secrétariat général», a ajouté, sur les ondes de la Radio nationale, que le débat en conseil du gouvernement était en cours, «nous passons deux décrets par semaine, nous terminerons normalement à la fin du premier trimestre». Le principal objectif de la législation est pour Abdelmadjid Attar de promouvoir l’attractivité des hydrocarbures algériens. Le ministre, qui a également plaidé pour un plus large recours aux énergies renouvelables, s’est également montré réaliste sur l’état des réserves naturelles d’hydrocarbures, «… il y aura d’autres découvertes mais elles seront petites ou moyennes pas plus».
Cette loi fait suite au constat que les «réserves et la production allaient baisser jusqu’à poser problème (…) Malheureusement l’économie algérienne est essentiellement basée sur le rente». En ce sens, la question de la réforme de la fiscalité pétrolière reste au centre de la communication du ministre. Le responsable estime que «contrairement à ce qui est dit» par la presse, «l’Algérie est un pays attractif pour les investisseurs». Et l’idée de la réforme de la fiscalité est, en substance, de permettre de réduire l’imposition des partenaires : «La fiscalité est variable selon les cas, notamment quand le gisement est limité ou que l’investissement est important (…) mais en situation normale, la fiscalité est de (…) 56% à 80% pour l’Etat et Sonatrach, le reste est pris par le partenaire.» Abdelmadjid Attar ajoute dans la même logique : «Nous avons adopté une fiscalité avec une redevance de 10%, mais qui peut baisser à 5% dans certains cas, quand la rentabilité n’est pas au rendez-vous.» Quant à l’impôt sur les revenus des hydrocarbures (IRH), il «varie entre 10% et 50%. Alors qu’il est aujourd’hui de 80%». Des mesures qui devraient encourager les investissements étrangers, selon le responsable, qui fait également savoir que plusieurs entreprises n’ont pas attendu la parution des textes d’applications «puisque l’essentiel est dans la loi». Ainsi des discussions seraient déjà en cours dans ce nouveau cadre juridique. «Les grands producteurs sont déjà là, ils discutent avec Sonatrach. Je peux vous dire que des dizaines de conventions d’ententes ont été signées. Depuis 2020, il y a des évaluations d’opportunité, du domaine minier.»
Quant à la délicate question des réserves en hydrocarbures prouvées, le ministre de l’Energie s’est montré réaliste sur la pérennité à long terme d’une économie basée sur la rente pétrolière : «Il y a encore des hydrocarbures en Algérie. Mais dire que nous allons faire de nouvelles découvertes, de nouveaux gisements à Hassi Messaoud ou Hassi R’Mel, je n’oserais pas aller jusque-là. Je connais le domaine minier, il y aura d’autres découvertes, mais elles seront petites ou moyennes, pas plus.» L’exploitation des gisements actuels devrait pour sa part continuer et nécessiter de nouveaux investissements : «Tant qu’il y aura des hydrocarbures, du pétrole et du gaz, il faudra les exploiter. Il y aura toujours une demande pour accompagner les énergies renouvelables qui sont introduites dans les systèmes énergétiques dans le monde.» Le responsable a, par ailleurs, fait savoir que la partie Nord du pays restait encore très peu explorée à cause des difficultés du terrain. «La partie nord du pays reste très peu connue à cause d’un terrain très complexe. Et (…) l’offshore est encore moins connu (…) En un peu plus de trente ans, nous n’avons fait que deux forages et nous n’avons qu’une faible connaissance de ce qu’il peut y avoir». Abdelmadjid Attar explique en ce sens que des démarches sont en cours dans l’offshore : «Nous avons un accord de prospection entre la Sonatrach et l’ENI. Ils ont fait des recherches sismiques, maintenant il faudra passer au forage. Sans cela on ne peut rien affirmer.»
Le ministre, qui appelle également à la rationalisation de la consommation du gaz naturel, notamment en ce qui concerne la production d’électricité, a même plaidé pour un recours au «fioul plutôt qu’au gaz» pour les centrales électriques. La question du renouvelable apparaît par ailleurs comme une priorité pour le ministre : «Le plan d’investissement de Sonelgaz est de 1 219 milliards de dinars entre 2020 et 2030 (…) Je pense qu’il faudrait investir plus massivement vers le renouvelable.» Des démarches dans cette optique seraient en cours «avec le ministère de la Transition et de l’Energie renouvelable (…) Nous avons convenu de la création d’une sorte de copie de la Sonelgaz, spécialisée dans l’énergie renouvelable».