C’est en réponse à ses détracteurs qui l’accusent d’avoir fait marche arrière en modérant son mouvement de protestation que les membres de l’Intersyndicale ont animé un point de presse, hier, au siège du Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE).

Un rendez-vous avec les médias durant lequel l’Intersyndicale a réitéré son engagement envers l’ensemble des travailleurs. En effet, et à l’issue de la réunion qui a eu lieu le 7 janvier dernier, il a été décidé de lancer une pétition pour l’annulation de la réforme de la retraite mais, également, la tenue de sit-in régionaux à Blida, Batna, Ouargla et Oran, le 28 janvier prochain. «Le choix de la journée de samedi n’est pas fortuit, car on nous a toujours accusé de prendre les élèves en otages et cela ne sera pas le cas cette fois », dira Seddik Dziri, président de l’UNPEF. Avant d’ajouter : «Concernant nos revendications, il n’y a aucun recul et nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout pour les faire valoir.
La mobilisation est toujours en vigueur », ajoute-t-il. S’agissant de la pétition lancée, il y a peine quelques jours, pour l’annulation de la réforme de la retraite, le syndicaliste a affirmé que les choses avancent, sans toutefois avancer de chiffres. «Cette pétition a été faite pour montrer aux autorités qu’elles sont en total déphasage avec le monde du travail », a souligné Seddik Dziri, qui ajoute : «Nous avons même été contactés par les travailleurs pétroliers qui veulent signer la pétition. C’est la preuve que l’annulation de la retraite anticipée n’est pas que l’affaire du secteur public. » Rappelons que l’Intersyndicale aspire à récolter plus d’un million de signatures.

 

Dialogue gouvernent-partenaire social : le scepticisme règne
Concernant la rencontre ayant eu lieu entre le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale Mohamed El Ghazi et 26 syndicats, le 16 janvier dernier, durant laquelle le ministre a affirmé que l’année 2017 verra « le renforcement du dialogue avec le partenaire social », l’Intersyndicale demeure sceptique.
« Il y a 65 syndicats agréés par l’Etat, alors pourquoi n’en avoir invité que 26 ? », s’est exclamé Lakhdar Achoui, du Snapap. « Le gouvernement a ouvert les portes du dialogue car il a subi une pression et c’est pour cela que nous n’allons pas lâcher notre mouvement de protestation qui est notre seule arme », a affirmé Idir Achour, porte-parole du CLA. « Si l’Etat veut ouvrir les portes du dialogue, nous sommes prêts à débattre sauf s’il s’agit d’une manœuvre de pré élections législatives pour tenter de calmer les choses », a déclaré Seddik Dziri. Aussi, l’Intersyndicale a demandé au ministre du Travail de lui fournir une copie du nouveau code du travail. «Nous réclamons une copie de ce nouveau code au même titre que les syndicats de l’UGTA et les patrons qui l’ont reçue, il y a six mois. S’il veut faire de nous des partenaires, c’est le moment opportun », a déclaré Meziane Meriane du Snapest. Par ailleurs, Messaoud Boudiba du Cnapest est revenu sur la question de la retraite anticipée en annonçant que plus de 200 000 travailleurs ont déposé leurs dossiers. «Cela va créer un énorme déséquilibre dans les différents secteurs de la Fonction publique et c’est au gouvernement d’assumer ses responsabilités.» L’Intersyndicale a prévu de se réunir le 4 février prochain pour faire le point et décider de la suite de son mouvement de protestation.