Avant-hier, jeudi, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mohamed Miraoui, a reçu dans le cadre des concertations qu’il a engagées avec les acteurs et opérateurs du secteur une délégation du Syndicat national des pharmaciens d’officine (SNAPO).

Les deux parties ont échangé sur la « Loi Santé », un « canon » adopté en avril 2018, il y a un peu plus d’une année, mais qui reste à compléter par des textes d’application : une centaine de dispositions dont vont dépendre pour une très grande partie sa capacité à mieux organiser et réguler le secteur de la santé en général et du médicament en particulier, notamment dans son volet distribution et commercialisation.
C’est au sujet de ces deux points que M. Miraoui convie le syndicat des pharmaciens d’officine à «formuler leurs propositions», a indiqué un communiqué du ministère de la Santé aux yeux de qui la contribution des pharmaciens privés est «importante » dans l’élaboration des textes d’application de la Loi, en particulier dans ses dispositions relatives au produit pharmaceutique. En effet, les pharmaciens d’officine occupent une place privilégiée dans la chaîne du médicament pour observer les défaillances et les perturbations qui peuvent perturber son fonctionnement.
En effet, ce sont les pharmaciens de quartier qui sont les premiers à signaler par exemple les pénuries de certains médicaments et à servir de lanceurs d’alerte. Ce sont eux qui sont en grande partie à l’origine de l’enquête ouverte par les services du ministère sur la nouvelle pénurie de produits qui s’est déclarée durant ces dernières semaines. Et qui a fait réagir le ministre, le 28 août dernier alors qu’il se trouvait à Blida. «Des mesures seront prises à l’encontre des parties à l’origine de la perturbation et de la pénurie de ces produits. Je ne tolérerai jamais de telles pratiques», a-t-il mis en garde.
En attendant que les résultats de cette enquête soient communiqués, les pharmaciens d’officine via le syndicat sont sollicités pour témoigner de leur longue expérience de terrain, de leurs analyses propres du marché et de son comportement, pour aider à la rédaction des textes d’application de la loi. Le SNAPO fait d’ailleurs déjà partie d’une commission de veille, composée du directeur général de la pharmacie, des distributeurs de médicaments, du Conseil national de déontologie et des producteurs.
Ces parties seront chargées du suivi hebdomadaire du marché et de la chaîne de distribution du médicament avec l’aide de commissions qui seront installées dans les régions.
Pas moins de 250 produits sont touchés par cette pénurie alors qu’il s’agit de médicaments destinés aux malades chroniques. Pour revenir au SNAPO, l’une de ses préoccupations depuis plusieurs années concerne la protection des pharmaciens en service, notamment la nuit et notamment par rapport à la commercialisation de psychotropes. Le syndicat a appelé plusieurs fois à des mesures « susceptibles de mettre les pharmaciens à l’abri des agressions auxquelles ils peuvent être sujets du fait de la vente de psychotropes, de l’insécurité et du vide juridique dû à la non-actualisation des textes relatifs à ces psychotropes». Le syndicat milite également pour « l’organisation de la profession de pharmacien et l’amélioration des conditions de travail ».