A près de quarante jours des élections locales, prévues le 27 novembre prochain, le rejet administratif réservé aux dossiers de candidature suscite la désapprobation des formations politiques engagées dans la compétition.

Par NAZIM BRAHIMI
La montée au créneau du FFS, qui a dénoncé ce qu’il considère comme «une guerre déclarée aux partis», vient marquer une véritable remise en cause de la loi électorale et ce qui l’accompagne en matière d’encadrement administratif.
Il s’agit, en effet, d’une énième critique à l’égard de la loi électorale qui a contraint, il y a déjà des semaines, d’autres partis politiques à abandonner la partie dans laquelle ils s’étaient pourtant engagés en dépit de leur connaissance des contraintes administratives.
Sur la base du «nombre important» de refus de ses candidats en Kabylie comme ailleurs, le FFS a pointé des «dépassements» et une «gestion sécuritaire abusive de l’opération électorale». Pour le plus vieux parti de l’opposition, qui a tenu à prendre part à cette échéance contre même ses propres sections locales, la méthode de travail de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), prête à équivoque. Lui reprochant de «compter exclusivement sur les rapports des services de sécurité» sans preuves matérielles irréfutables ou des «jugements de justice définitifs» dans l’étude des listes électorales. Relevant que la démarche est en contradiction avec l’article 184 de la loi électorale, le FFS rappelle que l’article de loi en question dispose que le candidat aux élections ne doit «pas être connu de manière notoire pour avoir eu des liens avec l’argent douteux et les milieux de l’affairisme et pour son influence directe ou indirecte sur le libre choix des électeurs ainsi que sur le bon déroulement des opérations électorales». Le FFS a estimé, dans ce registre, que le pouvoir «ne se contente pas de promulguer des lois encadrant les élections de façon unilatérale et autoritaire, mais il veille à les enfreindre dans une contradiction flagrante».
Le parti a fait savoir que «les cas enregistrés de refus de ses candidats sont liés à leur militantisme politique pacifique ou à leurs opinions», ajoutant que ces disqualifications constituent un «grave dérapage» dans la mesure où l’administration a mis en doute leur patriotisme.
Lundi 18 octobre, c’est le MSP de Makri qui a agité la menace de son retrait des élections, en soulignant que ce qui se passe dans ce contexte «remet en cause la volonté politique exprimée en haut lieu et les engagements du président de la République à respecter la volonté populaire et la moralisation de la vie politique».
Indigné par la disqualification de certains de ses candidat, le MSP a indiqué que des listes des candidats ont connu un véritable «massacre», à commencer par le refus massif de signatures sous prétexte de ne pas s’inscrire sur les listes électorales alors qu’ils détiennent leur carte d’électeur et ont participé à tous les scrutins précédents.
Ces personnes ne doivent pas, a ajouté le MSP, assumer les falsifications électroniques les visant et les opérations de sarclage auxquelles sont soumises nos listes de façon illégale et immorale, ou encore les décisions sécuritaires, politiques et administratives arbitraires qui ne sont pas fondées sur des décisions judiciaires définitives privatives de liberté.
Dans son réquisitoire, le MSP a relevé que cette opération obéit à «une politique bien étudiée ciblant les éléments de son parti et constitue une sorte de fraude préalable et un contrôle vulgaire des résultats des élections».
Auparavant, mêmes le RND et El Bina, pourtant dans les bonnes grâces de l’administration, ont dénoncé des «dépassements», alors que le Front de la justice et du développement (FJD) de Abdallah Djaballah et Talai el Houriyet ont décidé de se retirer de la compétition à cause principalement des contraintes de la loi électorale, notamment «l’écueil de signatures». <