Des milliers de nouveaux emplois sont prévus dans le secteur de la santé. Ce sont plus de 27 000 postes budgétaires, tous corps confondus, qui sont inscrits au titre de l’exercice 2021. C’est ce qu’a indiqué le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, lors de la présentation du budget de son secteur dans le cadre de la loi de finances 2021 devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN).
Les nouveaux postes seront ouverts après la mise en service de nouveaux établissements de santé, a déclaré le ministre, et seront répartis entre «1 800 praticiens spécialistes, 600 médecins généralistes, 9 150 paramédicaux, 500 agents administratifs, 100 psychologues, 100 biologistes, 1 400 agents contractuels», en plus de «12 000 postes dans le cadre de l’insertion des diplômés universitaires». En outre, les dépenses dédiées à la prévention ont été maintenues et sont de l’ordre de 10 096 130 000 DA, a-t-il révélé. Quant au total des affectations budgétaires du secteur de la santé pour l’exercice 2021, qui a connu une hausse de 2,42% par rapport au budget de l’exercice 2020, il s’élève à 527 961 509 000 DA. Les dépenses allouées au personnel des établissements de santé au titre de la loi de finances 2021 s’élèvent à 34 856 364 500 DA et celles affectées à la gestion des établissements de santé à 105 658 151 000 DA, selon le Pr Benbouzid.
Le budget d’équipement pour le même exercice a connu «une diminution considérable» pour plusieurs raisons dont «la priorité accordée à l’achèvement des projets en cours ainsi que la suspension de l’inscription de nouveaux programmes sauf en cas de nécessité», a expliqué le ministre.
Urgente réforme
du système de santé
Le Pr Benbouzid est, par ailleurs, revenu sur le système de santé qui a besoin d’une urgente réforme. Il a indiqué, à ce titre, devant la Commission des finances et du budget de l’APN que «le système de santé en Algérie doit être revu aujourd’hui pour parvenir à une justice sociale plus efficace et solutionner les dysfonctionnements et les erreurs», d’autant plus que «la population a augmenté comparativement aux années durant lesquelles il a été conçu et aux années précédentes ; une augmentation qui a entraîné une autre, celle des demandes sanitaires», a-t-il expliqué.
Partant de ce constat, les services du secteur de la santé avaient «commencé un travail de révision de ce système». Néanmoins, ce travail s’est arrêté en raison de «l’orientation de tous les efforts vers la lutte contre la pandémie du coronavirus», selon le ministre. La pandémie est, également, la cause du retard de «certains projets de loi dans le secteur de la santé, mais un travail est en cours à l’effet de booster le secteur», a-t-il dit, assurant que «la gratuité des soins est irréversible».
Abordant la pandémie du coronavirus en Algérie, le Pr Benbouzid a soutenu que «toutes les statistiques fournies à propos des victimes de la pandémie sont correctes» et qu’il n’y a «aucun intérêt à les manipuler». Il a, également, réitéré qu’«au début de cette pandémie, il y avait des cas de décès considérés comme victimes de ce virus en raison des symptômes similaires tels que la température élevée». On se rappelle, en effet, que le ministre avait déjà indiqué, il y a quelques mois, que des décès avaient été déclarés par les hôpitaux dus au Covid-19 les premiers temps de la pandémie, avant que ne leur parviennent les résultats des analyses. C’est ce qui explique que l’incidence des décès paraissait importante par rapport au nombre de cas confirmés.
En ce qui concerne l’acquisition du vaccin contre cette pandémie, le ministre a réaffirmé que l’Algérie a déjà signé un accord avec 170 pays en vue d’un «achat collectif de ce vaccin et de bénéficier des réductions sur son prix, oscillant entre 3 et 38 dollars». Cet accord entre dans le cadre du programme Covax.
Répondant aux demandes des députés relatives à la fermeture des établissements éducatifs, le ministre a indiqué que cette décision est «souveraine», rappelant que la décision de reprise des cours répondait à l’opinion de la majorité des parents d’élèves. n