L’expert économique et ex-ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, est en tournée à travers le pays afin de faire prévaloir le bien-fondé des mesures prises par le Gouvernement Sellal dans le cadre de la Loi de finances 2017.

Jeudi dernier, il a tenu une conférence au Complexe La Corne d’or à Tipasa, à l’invitation de la Chambre de commerce et d’industrie Chenoua (CCI) de Tipasa. Abderrahmane Benkhalfa avait intitulé son sujet «La loi de finances 2017 et ses implications sur l’investissement et l’entreprise». Le conférencier a tenu à aller à contre-courant du discours ambiant qui véhicule que l’Algérie est tributaire et otage de ses recettes d’hydrocarbures. «Il ne faut pas avoir de complexe. Il s’agit non pas d’une rente, mais de revenus pétroliers.
C’est l’usage qui doit être optimal», a-t-il lancé à l’assistance, composée d’adhérents de la CCI Chenoua, d’opérateurs économiques et de cadres de l’administration locale. La loi de finances est une traduction de la politique menée par les pouvoirs publics et les politiques publiques, a expliqué l’ex-ministre. Ce n’est pas une simple série de mesures fiscales. Celle de 2017 couvre une période de trois années, 2017, 2018 et 2019, a-t-il enchaîné. L’ex-ministre est aussi très optimiste, puisqu’il considère que l’Algérie, en raison de sa « solvabilité et de son faible endettement extérieur (1%), et des réserves de change de 114 milliards de dollars, est bien placée pour drainer les investissements étrangers ». «L’Algérie peut devenir la Mecque des investissements», a-t-il estimé faisant référence aux IDE. « L’Algérie est une part de marché importante, solvable. Elle est également capable de pénétrer les marchés du Golfe et d’Afrique », a-t-il ajouté.
A propos de production nationale, l’expert ne ferme pas la porte et ne cautionne pas ouvertement les mesures protectionnistes. Il dit plutôt pencher pour « une économie ouverte, régulée et internationalisée». Il a aussi martelé que c’est en définitive «l’offre qui doit prévaloir face à la demande ». L’offre de produits fabriqués localement et de qualité est capable de redresser l’économie nationale, soutient-il. Le conférencier a, cependant, mis en cause la micro-économie qui, a-t-il dit, doit suivre étant donné qu’au plan macro-économique tout est mis en place. Sur ce registre, il s’est arrêté sur l’exemple du yaourt et des pâtes produites localement et qui concurrencent les produits similaires d’importation. Benkhalfa a plaidé pour la consommation locale. Consommer « nationaliste » en fait même s’il ne l’a pas expressément dit. Il a aussi dit que les APC doivent, elles aussi, devenir des acteurs économiques à part entière. Il a loué les facilitations, notamment les exonérations d’impôts et a conseillé aux opérateurs économiques d’investir dans les Hauts-Plateaux et au Sud, où le foncier est disponible et au dinar symbolique. Il citera la conjugaison de la loi de finances, de la loi sur l’investissement et de la loi sur l’entreprise. Des textes qu’il présente comme autant de gages et des garanties en direction des opérateurs autant locaux qu’étrangers. « Le budget équipements est doté d’un montant de 23 000 milliards de dinars et les transferts sociaux sont à hauteur de 1 630 milliards de dinars », a-t-il appuyé ses propos en disant que ces deux seuls exemples contribuent à faire marcher la consommation et de là, l’économie. A sujet de sa conférence, Abderrahmane Benkhalfa a évoqué quatre grands axes de lecture de la Loi de finances 2017. Tour à tour, «les équilibres budgétaires et les volets macro-économiques, les liaisons LF/Politiques publiques/Stratégies sectorielles », « Le contenu des dispositions fiscales, financières et budgétaires », «Les implications sur l’entreprise et la dynamique des affaires/business » et «La micro-économie» sont les quatre angles d’analyse présentés par le conférencier. A propos d’impôts, Abderrahmane Benkhalfa a dit que les nouvelles mesures tendent à élargir non pas le taux des impôts, mais l’assiette fiscale.