Des banques privées ont formulé une demande auprès du ministère de l’Habitat pour l’acquisition de Logements promotionnels publics (LPP) à travers le paiement cash de la totalité du prix des logements dans le but de les revendre aux particuliers en bénéficiant d’une marge bénéficiaire qui serait encadrée. Une doléance à laquelle  le gouvernement n’a pas encore donné suite.


Les représentants de plusieurs banques ont indiqué que cette proposition fait partie des initiatives visant à généraliser le paiement de la totalité du prix des logements au Trésor public. Ce qui, selon les représentants des établissements financiers, contribuerait à l’achèvement des réalisations immobilières dans des délais plus rapides et permettrait par la même occasion aux souscripteurs d’obtenir leurs logements plus rapidement. Les établissements bancaires formulent le souhait d’être intégrés au programme LPP dans un rôle d’intermédiaire via l’obtention d’une « marge bénéficiaire raisonnable». Mohamed Seddik Hafid, le Directeur général d’El Baraka Bank, a indiqué avoir soumis à Abdelmajid Tebboune, le ministre de l’Habitat, une requête dans l’optique de permettre à sa banque d’acquérir un quota de logements promotionnels publics.
« Nous avons formulé une demande auprès du ministère de l’Habitat et nous attendons son retour pour engager l’opération. Nous sommes prêts à acquérir des logements LPP à travers le paiement cash au Trésor public du prix des logements ». Le responsable d’El Baraka Bank a également expliqué que son établissement « voue un grand intérêt aux crédits immobiliers et travaille en permanence pour proposer des possibilités de financement « halal » sans intérêts usuriers, selon les formules islamiques proposées ». Mohamed Seddik Hafid a aussi fait part de la mise en place de crédits immobiliers à destination des clients de la banque islamique pour l’équivalent de 180 milliards de centimes au cours de cette année, précisant que la marge bénéficiaire de ces crédits immobiliers atteint habituellement 7%.
« Il s’agit d’une marge très concurrentielle, et de moindre coût comparée aux autres banques qui proposent le même service », a-t-il assuré. La proposition des banques d’acquérir des quotas de logements LPP intervient au moment où le gouvernement accélère la cadence dans le cadre de l’achèvement de ces logements. Par ailleurs, l’Etat a émis dernièrement un décret portant sur le plafonnement de la marge de bénéfice concernant les promoteurs en charge du programme LPP à 5% du prix de revient du logement. Pour rappel, le décret interministériel en question a été publié au Journal Officiel n° 62 signé par le ministre de l’Habitat et celui des Finances. Ce décret complète celui promulgué le 15 juillet 2014 relatif au logement LPP et qui prévoit que le prix de cession du logement LPP soit établi sur la base du coût final de la construction, intégrant les dépenses d’acquisition du terrain, l’ensemble des travaux, études, conception, suivi des travaux, services de contrôle technique et réalisation des structures externes.
Lancée en grande pompe en juin 2013 par les autorités algériennes, la formule du Logement promotionnel public (LPP) destinée à la classe moyenne algérienne, a longtemps constitué un point d’interrogation notamment au niveau des prix de cession des logements aux souscripteurs.
Ceux-ci ont mis plus de deux ans à connaître la localisation des logements, les critères d’attribution et de classement et le type de logement (F3, F4 ou F5 ou de type individuel). Par ailleurs, 4 350 unités ont été livrées fin 2016. La totalité des logements LPP sera livrée au plus tard début 2018, selon Abdelmajid Tebboune. « Les opérations de distribution de ce programme se poursuivront jusqu’à la livraison de tous les logements ou de la plus grande partie fin 2017 début 2018 », avait-il assuré.