Après sept longues années d’attente, les souscripteurs à la formule Logement promotionnel public (LPP), affectés au site 600 logements Ahmed-Medeghri, situés à Rouiba, sont surpris de voir leurs logements inhabitables, faute de la levée des réserves et des malfaçons pour certains et de remise des clés pour d’autres.

En effet, même si certains des souscripteurs ont été attributaires des clés ces deux dernières semaines, la joie n’était que de courte durée ; l’espace de quelques instants, avant de découvrir l’état lamentable dans lequel se trouvaient leurs logements. Malfaçons à la pelle, absence des équipements de cuisine, de la salle de bains et de climatisation, absence de raccordements au réseau d’alimentation en eau potable pour certains blocs et fermeture des vannes pour d’autres immeubles après que celles-ci aient été endommagées, des ascenseurs non équipés en onduleurs… En somme, des ingrédients essentiels d’une surprise glaçante, voire terrifiante, à laquelle étaient confrontés les souscripteurs de la cité 600 logements LPP Ahmed-Medeghri de Rouiba.
Pour d’autres, ceux qui n’ont pas encore eu leurs clés, logés essentiellement dans les deux immeubles 16 et 17, il faudra patienter encore plusieurs jours avant de voir leurs logements rendus habitables suites aux malfaçons signalées. Les entreprises de réalisation ainsi que le maitre d’ouvrage, l’Entreprise nationale de promotion immobilière (ENPI) en l’occurrence, sont mis en cause par les souscripteurs dans cette situation lamentable dans laquelle se trouvait le site. L’ENPI a été alertée maintes fois par les souscripteurs sur le non-respect des cahiers des charges ainsi que des normes en matière de réalisation par les entreprises chinoises engagées sur le chantier. Les responsables de l’Entreprise nationale de promotion immobilière ont promis, quant à eux, de remédier à l’ensemble des réserves signalées, mais les sociétés chinoises semblent manquer de coopération. Pire encore, la main-d’œuvre engagée sur le site afin de rendre les logements habitables et lever, par là même, l’ensemble des réserves signalées, a été réduite à une vingtaine de travailleurs chinois et une dizaine d’autres employés issus des pays de la région. Par ailleurs, les entreprises de réalisation tardent à réparer les vannes endommagées pour permettre l’alimentation des logements en eau potable. Manifestement, les promesses d’une formule exemplaire en qualité que l’on n’a cessé de chanter au lancement des chantiers LPP ont cédé le terrain à une surprise angoissante et terrifiante. Le rapport qualité-prix n’y est pas et les «cadres supérieurs» de l’Etat en sont les victimes. Le site LPP, 600 logements Ahmed-Medeghri, à Rouiba, éventuellement le dernier à livrer en date, est sans l’ombre d’un doute le dernier en termes de qualité des travaux et des services. Les souscripteurs menacent désormais de porter l’affaire devant les tribunaux.