Par Younes Mansouri
En Algérie, si l’efficacité de l’investissement public pour les grands projets s’est améliorée au cours des dix dernières années, réduisant les retards dans l’achèvement des chantiers et les dépassements de coûts, elle reste «inférieure» à celle des autres pays exportateurs de pétrole de la région Mena et bien en deçà de la «moyenne mondiale», peut-on lire dans le dernier rapport de l’OCDE. Il est expliqué dans le document que ce «manque d’efficience» s’est traduit par des «projets d’investissement public coûteux». De fait, le «coût unitaire des projets de construction de routes en Algérie est environ 34 %» plus élevé que dans la plupart des pays de la région, y est-il détaillé. D’après une estimation, avec un dispositif institutionnel plus solide pour la gestion des investissements publics, le même montant d’investissement aurait permis de financer «60 % de projets d’infrastructure supplémentaires», ajoute le rapport. L’OCDE souligne, par ailleurs, qu’en Algérie, l’investissement dans le secteur manufacturier a certes «augmenté en termes relatifs», mais il a «reculé en valeur absolue». Dans un autre registre, l’organisation relève que les économies étudiées de la région Mena appliquent un régime «plus strict» aux secteurs des transports maritime et aérien et de la construction que la moyenne des pays de l’OCDE, ajoutant que c’est «l’Algérie qui est la plus restrictive pour tous les secteurs concernés (à l’exception du transport de surface)». Le rapport de l’OCDE rappelle qu’en 2020, l’Algérie a mis fin à «sa restriction la plus significative», à savoir le plafonnement des participations étrangères à 49 %, tous secteurs confondus. Dans la plupart des pays, y est-il mentionné, la principale forme de restriction à l’IDE consiste à «limiter les prises de participation étrangères au capital des entreprises, généralement dans des secteurs spécifiques». «C’est le cas des économies de la région Mena examinées, à l’exception de l’Algérie, de la Libye et de l’Autorité palestinienne qui prévoient des restrictions plus importantes et couvrant la majorité, voire la totalité des secteurs», y est-il ajouté. Au-delà des préoccupations touchant à la sécurité nationale, la limitation de la participation étrangère au capital des entreprises est généralement justifiée par la volonté de «préserver les investisseurs nationaux de la concurrence étrangère, ou de les inciter à progresser grâce à l’établissement de liens entre les investisseurs étrangers et le pays d’accueil», font observer les experts de l’OCDE.
De fait, les avantages que présente l’IDE pour les pays d’accueil sont en partie liés à leurs retombées pour les entreprises nationales, et notamment au transfert de connaissances. Les huit économies Mena examinées, dans le cadre de ce rapport, sont en moyenne «plus restrictives» que la plupart des pays couverts par l’indice, avec des disparités considérables entre elles. Selon le rapport, le Maroc et l’Egypte prévoient des restrictions à l’investissement étranger qui se rapprochent du niveau de restriction affiché par les pays de l’OCDE. En revanche, poursuit le rapport, l’Algérie, la Libye et l’Autorité palestinienne présentent les plus hauts niveaux de restriction parmi toutes les économies couvertes par l’indice. L’Algérie pose en outre des «conditions au rapatriement des bénéfices par les investisseurs étrangers en ne garantissant le libre transfert des capitaux qu’aux investissements supérieurs à un seuil déterminé», y est-il noté. L’Algérie, ajoute le document, «dissocie plus que les autres économies analysées l’élaboration des politiques d’investissement, une tâche qui incombe aux ministères, chargés de la promotion et de la facilitation de l’investissement. Au chapitre des énergies, le rapport indique que la part du renouvelable dans la consommation finale d’énergie varie considérablement d’un pays à l’autre : 0.1 % en Algérie, entre 5 et 5.5 % en Egypte et en Jordanie, et entre 10 et 12 % au Maroc et en Tunisie. n