Plusieurs pays européens grelottent en ces jours de grand froid. Et, par conséquent, ils ont besoin de plus d’énergie que d’habitude pour se chauffer.

C’est le cas de la France dont la consommation de gaz a augmenté de 9,9% en 2016 par rapport à l’année précédente, à 463 térawatts/heure, en raison notamment d’une augmentation de la production des centrales thermiques au gaz. C’est ce qu’a indiqué hier le gestionnaire du réseau de transport de gaz GRTgaz, une filiale à 75% d’Engie. GRTgaz, cité par Reuters, a ajouté que la consommation de gaz par les industriels avait augmenté de 16,3% en 2016, dopée par une hausse record de 75,3% du gaz utilisé pour produire de l’électricité, principalement en raison d’une moindre production issue des centrales nucléaires françaises. Plusieurs réacteurs nucléaires ont été mis à l’arrêt l’an dernier pour des contrôles complémentaires demandés à EDF par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) après la mise en évidence d’un risque de rupture de générateurs de vapeur lié à une teneur anormalement élevée en carbone dans l’acier de leur fond. GRTgaz a par ailleurs exprimé des inquiétudes quant aux livraisons gazières algériennes au terminal de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), estimant qu’une «situation de force majeure en Algérie et des tensions sur le marché mondial du gaz impactaient les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le sud de la France». Les livraisons de GNL au terminal de Fos-sur-Mer sont d’environ 40 gigawatts/heure (GWh) par jour, alors qu’il en faut 70 GWh par jour en cette période de l’année et qu’avec la vague de froid la demande dans le sud de la France atteint actuellement environ 85 GWh par jour. GRTgaz ne dit cependant pas clairement que l’Algérie n’est pas en mesure de satisfaire une demande en énergie qui file vers le haut dans la région. L’Algérie a toujours affirmé respecter ses engagements contractuels en matière d’exportations gazières vers l’Hexagone ou d’autres pays. Et toutes proportions gardées, le problème des approvisionnements gaziers ne risquerait pas de se poser d’autant plus que la production a été augmentée après la reprise totale, l’été dernier, de la production au complexe gazier de Tiguentourine. Cette plateforme a retrouvé sa pleine capacité de production avec le redémarrage du Train 3 qui intervient après la remise en marche des Trains 1 et 2 en 2013. L’augmentation de la capacité de traitement du complexe de Tiguentourine se traduira, dès le démarrage du projet de compression d’ln Amenas (IACP), par un accroissement de plus de 50% de la production actuelle, soit une évolution globale de l’ordre de 60 000 barils équivalents pétrole par jour, ce n’est pas rien. Sonatrach a déjà affirmé que la production de gaz devrait atteindre 141,3 milliards de mètres cubes en 2017, 143,9 milliards de mètres cubes en 2018, 150 milliards de mètres cubes en 2019 et 165 milliards de mètres cubes en 2020. Des chiffres qui donnent de l’assurance raisonnable qu’il y a du volume dans le pays fournisseur. De plus, la compagnie nationale devrait produire plus de 9 milliards de mètres cubes supplémentaires de gaz dès 2017. Cela est tout à fait possible, une fois la mise en service trois importants projets dans le sud-ouest. Le projet de Touat Gaz prévoit une production de 12,8 millions de mètres cubes par jour dès février 2017, tandis que Timimoun prévoit 4,6 millions de mètres cubes par jour dès mars et Reggane 8 millions de mètres cubes à partir de juin prochain. Sonatrach affirme que d’autres sources de gaz ont été trouvées plus au sud, à Akabli et Tidikelt, en plus d’Alrar à l’Est.