Quatre grandes plumes chinoises, à savoir Alai, Cao Wenxuan, Xu Zechen et Zhao Lihong ont, à tour de rôle, évoqué leur parcours littéraire lors d’une rencontre, organisée jeudi dernier à la salle de conférence du pavillon G du Sila, où la Chine est l’invitée d’honneur.

Sous le thème générique «Grandes plumes de Chine», les visiteurs du Sila 2018 ont été conviés, jeudi passé, à découvrir le parcours de quatre grands auteurs chinois, primés dans des styles aussi variés que le roman, la nouvelle, la littérature jeunesse ou la poésie.  C’est dans cet esprit, que le romancier et nouvelliste tibétain Alai a confié aux présents : «Je suis né dans une région isolée, Matang, du district de Maerkang, situé dans le nord-ouest de la province du Sichuan, je n’ai jamais su ce que voulait dire le mot écrivain. Je n’en connaissais aucun. En 1974, alors que ma ville commençait à s’ouvrir et se remettre de la guerre civile qui a touché mon pays, je suis rentré pour la première fois dans une bibliothèque qui venait d’ouvrir ses portes juste à côté de chez moi. Et c’est ainsi que j’ai appris l’existence des livres littéraires.» Alai a fait plusieurs métiers dans sa vie. Il a été agriculteur, ouvrier hydraulique et conducteur de tracteur.
A la reprise de l’enseignement supérieur, il est admis dans une école normale. Au terme de son cursus, il devient enseignant à la campagne et se lance dans la littérature. «Quand j’ai commencé à lire des romans, ce qui m’a tout de suite attiré ce sont les histoires qu’ils racontaient. J’ai alors découvert qu’on pouvait parler des problèmes quotidiens des personnes et de leurs cultures qui sont différentes d’une région à une autre», a-t-il raconté.
De son côté Xu Zechen, auteur de fiction littéraire, écrivain à succès qui a remporté plusieurs prix littéraires suite à la publication de trois romans et un recueil de nouvelles, a confié que son «premier rêve était d’écrire sur les personnes riches et leur mode de vie. Mais, je ne connaissais personne de cette classe-là. Je me suis alors mis à écrire sur les personnes marginalisées dans la société que j’ai rencontrées à Pékin, en racontant entre autres leurs relations avec les autres». «Même si Pékin est considéré comme une ville ouverte qui accepte l’autre, mais, d’autre part, elle garde toujours quelques problèmes d’intégration. Car dans nos papiers d’identité on mentionne de quelle région vous êtes, c’est une reconnaissance juridique. Une personne qui n’est pas pékinoise ne pourra pas profiter des avantages dont elle a besoin tel que le travail», a-t-il avoué. Pour sa part, professeur de littérature à l’université de Pékin, Cao Wenxuan a publié plus de cinquante nouvelles et romans, dont certains sont devenus des classiques dans les programmes scolaires. Il a déclaré que «tout le monde croit que je me spécialise dans les romans de jeunesse, alors que ce n’est pas vrai. J’écris pour toutes les générations. Je pense que la littérature n’est pas destinée à une catégorie spécifique». 
L’auteur a également noté que «la plupart des grands écrivains connus sont des enseignants universitaires. Je trouve toujours un terrain d’entente entre mon travail à la fac et celui d’écrivain. Quand je me sens fatigué de l’enseignement, je me tourne vers l’écriture pour me ressourcer et vice-versa». Par ailleurs, le poète Zhao Lihong, dont l’œuvre poétique «Douleurs», traduite en français par Adonis et qui lui a valu de décrocher le Prix international de poésie Semifera Semiderevo, en Serbie, a déclaré qu’«au début de ma carrière, je ne pensais en aucun cas publier mes travaux. J’aimais seulement écrire. Mais, aujourd’hui, je peux dire que j’aime ce mode de vie et ma célébrité. J’ai pris goût à cela».