Décernées jeudi soir, lors d’une cérémonie organisée au Centre international des congrès (CIC), les distinctions du Grand prix « Assia Djebar du roman », des récompenses attribuées depuis trois ans aux meilleurs « nouveaux romans » en langues arabe, amazigh et française, sont respectivement revenues aux écrivains Merzak Begtache, auteur de «Al matar yaktoub siratahou»

(La pluie écrit ses mémoires) édité chez Anep Edition, au jeune auteur Zaârouri Mustapha, pour son roman «Dwagi id Asirem-iw» (c’est ça mon espoir), alors que le prix récompensant le meilleur roman en langue française étant, quant à lui, revenu à Noureddine Saadi pour « Boulevard de l’Abime ». La distinction étant attribuée pour la première fois à titre posthume après la disparition de ce dernier, le 14 décembre dernier.

La cérémonie a été marquée par la participation des ministres de la Communication Djamel Kaouane, de la Culture Azzedine Mihoubi, et de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, ainsi que plusieurs éditeurs et personnalités de la culture. Le prix « Assia Djebar du roman », rapidement considéré comme la plus prestigieuse des distinctions littéraires du pays, après avoir été créé par les éditions Enag et Anep, en marge du 20e Salon international du livre d’Alger, avec pour principal objectif de donner de la visibilité, de rendre hommage et d’encourager le travail des écrivains, est également devenu au regard des déclarations de la présidente du jury 2017, une sorte de révélateur de l’évolution du secteur de l’édition. Mme Naget Khedda a expliqué en ce sens, jeudi, lors de son allocution d’ouverture, que le total des 71 titres en lice cette année «reflète l’intense activité de ce secteur de notre vie sociale». Le nombre de romans, émanant d’une vingtaine de maisons d’édition, étant cependant en légère baisse par rapport à la première édition (76 titres), d’autant que le détail de la sélection 2017 révèle un certain déséquilibre. La présidente du jury souligne ainsi qu’«une forte proportion d’auteurs se recrute, plutôt, dans une catégorie d’âge avancé». Quant aux langues d’écriture, Mme Naget Khedda précisera que la production en langue arabe avait enregistré une baisse importante en ne représentant cette année « que la moitié de la production en langue française ». L’édition amazighe ayant pour sa part évolué de manière « quantitative » bien qu’elle reste appelée «à mieux maîtriser les structures du genre romanesque et à mieux asseoir le code linguistique de tamazight». Il faut dire que le « Prix Assia Djebar du roman », dont la création en 2015, a comblé l’absence presque totale de distinction littéraire d’envergure nationale. Son lancement intervient à la suite du prix littéraire « Ali Maachi » créé en 2009, ou du prix « Escales Littéraires » créé en 2013 par l’hôtel Sofitel d’Alger, amorçant d’autres initiatives du genre à l’image du Prix de la « Radio-Culture », imaginé par le ministère de la Communication en collaboration avec l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC), et l’Office national de la culture et de l’information (ONCI), mais aussi de l’annonce faite dernièrement de la création d’un « prix du Salon du livre » par le commissariat du SILA, ou encore d’un « Prix Rachid Mimouni » annoncé par l’universitaire Abdelhamid Bourayou. Le grand absent restant cependant le secteur privé, les maisons d’édition (dont le nombre officiel avoisine les 1 200 enseignes) apparaissent toujours dans l’incapacité de mettre en place le moindre prix littéraire d’envergure.