Contacté hier, le président de la commission syndicale, installée au niveau de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Mohamed Lakhdar Badreddine, a indiqué que « d’ici l’installation de la commission gouvernementale, nous aurons avancé notre travail qui sera remis à celle-ci pour validation».

Une commission « technique » à qui il incombera de définir les métiers « pénibles » sera installée au plus tard en mars prochain, a annoncé avant-hier le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Mohamed Ghazi, sur la chaîne de télévision El Bilad. Une commission « autonome » de l’administration et des syndicats.
Mieux encore, elle sera « souveraine » avec la latitude de consulter toutes les parties prenantes dans ce dossier lié à la retraite « anticipée », selon les propos du ministre. Cette commission est «multisectorielle», a-t-il précisé sur la même chaîne. Selon M. Badreddine, « le travail de la commission syndicale prend du temps pour déterminer les critères de sélection des métiers pénibles car c’est un travail sérieux et réalisé sur des critères scientifiques ». Pour le président de cette commission, « les experts prennent le temps nécessaire pour n’oublier aucun poste. Ils devront aussi tenir compte des aspects liés à l’activité elle-même selon des normes ».
Les normes d’exercice du poste en Algérie ne sont pas celles d’ailleurs, a-t-il signalé, en rappelant que pour effectuer leur travail, les membres de la commission ont pris en compte, entre autres, de ce qui se fait ailleurs mais les normes ne sont pas les mêmes. Pour déterminer les critères « en cours d’élaboration », selon ses dires, ils tiennent compte de plusieurs paramètres comme le nombre d’heures, les conditions de travail, etc., a affirmé M. Badreddine. En fait, la difficulté réside dans le fait que « c’est un travail très sérieux et il ne faudra négliger aucun aspect et surtout aucun poste », a relevé le président de la commission syndicale.
Pour rappel, le Bureau international du travail a défini 10 critères pour établir cette catégorie de métiers. Il s’agit du travail en milieu hyperbare (pression supérieure à celle de l’atmosphère), le travail répétitif, celui en équipes successives alternantes, celui de nuit, les manutentions manuelles de charges, les postures pénibles, les vibrations mécaniques, en contact d’agents chimiques dangereux, les températures extrêmes et le bruit.
La retraite « proportionnelle » et « sans condition d’âge » a engendré une dépense de 405 milliards DA/an avec plus de 916 000 retraités, selon le chiffre avancé par le ministre du secteur. Tout ce remue-ménage autour de la retraite consiste à « préserver » la Caisse nationale de retraite, selon les déclarations officielles.
Le but est de maintenir le principe de solidarité intergénérationnelle, selon les mêmes sources. Pour rappel, la commission de l’UGTA a été installée dans la foulée de la 19e tripartite du 5 juin dernier. La prochaine est prévue en mars prochain, selon l’annonce faite par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, à la fin de l’année 2016. La liste des métiers «pénibles » devrait être prête pour l’évènement réunissant Gouvernement-Syndicat-Patronat.