Par Leila ZAIMI
Saïd Djabalkhir devrait comparaitre devant le juge, ce 25 février, suite à une plainte déposée par un enseignant à l’université de Bel Abbès contre sa pensée et ses communications. L’objet de la plainte, qui date depuis plus de 9 mois, porte sur l’«offense à la sacralité du religieux».
Rappelons que l’islamologue a été victime de plusieurs campagnes de dénigrement, voire même d’appels au meurtre par des individus qui souvent ne savent rien de sa réflexion, regrette-il. Alors que ses publications sur Facebook dérangent beaucoup et lui valent des invectives et des menaces d’homicide, nous avons appris cette fois qu’il est appelé à comparaitre devant la justice à la suite de la plainte déposée contre lui et ses écrits sur le réseau social.
Que pense-t-il de cette plainte ? Saïd Djabalkhir nous dit qu’il n’arrive pas à comprendre cet acharnement contre ses idées et sa pensée.«Je suis islamologue de formation, chercheur en Charia. Je suis censé apporter un avis et discuter de l’islam comme religion et comme système de pensée. Je ne comprends pas pourquoi certains sont dérangés par ce que je fais», s’est-il demandé. «Si nous portons plainte contre les spécialistes et les chercheurs qui essaient de faire leur travail, on ne va pas s’en sortir», «et si nous entrons dans cette logique de juger les penseurs sur leurs idées, il vaut mieux fermer les universités et laboratoires de recherche. A quoi serviraient-ils d’ailleurs ?», s’est-il encore interrogé
Saïd Djabalkhir nous apprend qu’il y a une vingtaine d’avocats qui sont déjà mobilisés pour sa défense et démonter l’accusation d’atteinte à la sacralité de l’Islam pour laquelle le législateur algérien a prévu une peine de prison de 3 à 5 ans et une amende de 50 000 à 100 000 DA. L’article 144 bis 2 de la loi n° 01-09 du 26 juin 2001 que le plaignant de Sidi Bel Abbès fait valoir condamne «quiconque offense le Prophète (paix et salut soient sur lui) et les envoyés de Dieu ou dénigre le dogme ou les préceptes de l’Islam, que ce soit par voie d’écrit, de dessin, de déclaration ou tout autre moyen». Ce texte stipule également que «les poursuites pénales sont engagées d’office par le ministère public».
Saïd Djabalkhir est islamologue et chercheur dans la question de l’islam, religion et tradition. Il y a quelques années, il a créé le Cercle des lumières pour la pensée libre (CLPL), un espace de débat et d’échange sur des thèmes religieux, culturels, sociaux, etc. Cette organisation a pour but, selon son fondateur, d’encourager le débat d’idées en vue de créer une pensée algérienne et de promouvoir le dialogue et l’échange d’idées dans la paix et la sérénité.