Le gouverneur de la Banque d’Algérie, Rostom Fadli, a indiqué, lundi, que la liquidité bancaire a enregistré une hausse à 1 500 milliards de dinars à la date du 6 mars courant.

Par Hakim Ould Mohamed
«Nous avons 1 500 milliards de dinars de liquidité à hier (ndlr : dimanche 6 mars)», a-t-il déclaré, lors d’un panel auquel il a participé, portant sur la réglementation bancaire, tenu dans le cadre du «Legal Business Forum», initié par la startup Legal Doctrine. Le patron de la plus haute autorité monétaire a précisé sur sa lancée, comme pour rassurer les investisseurs, que durant la crise de Covid-19, la Banque centrale «a réussi à régler la crise de la liquidité monétaire», soulignant que «maintenant, nous en avons pour trois ans de stock».
La liquidité bancaire avait, en effet, entamé un mouvement de redressement depuis le début de 2021 pour aboutir, à fin novembre du précédent exercice, à un solde de 1 485,6 milliards de dinars, soit en hausse de plus de 850 milliards de dinars par rapport à fin 2020. La liquidité globale des banques était de 632,3 milliards de dinars à fin décembre 2020, selon les données fournies par la Banque d’Algérie. C’est à coups de plusieurs mesures monétaires que cette institution a réussi à faire progresser le niveau global de la liquidité bancaire. Il s’agit, entre autres mesures d’assouplissement monétaire, de baisse du taux des réserves obligatoires (TRO) qui a été ramené à 2% le 15 février 2021 après l’avoir baissé de 10 % à 8% le 15 mars 2021, de 8% à 6% le 15 mai 2020 et de 6% à 3% le 15 septembre 2020. Aussi, la Banque d’Algérie a procédé à l’augmentation des seuils de refinancement des titres publics négociables, à l’allongement de la durée du refinancement de sept jours à un mois et à la satisfaction totale des demandes de refinancement des banques. Il faut rappeler que l’année 2020 a été marquée par une baisse sensible de la liquidité bancaire, laquelle baisse a été entamée depuis la fin de 2019, après que le gouvernement ait décidé de suspendre les tirages de la planche à billets. A fin 2019, la liquidité globale des banques était de 1 100,8 milliards de dinars. Ainsi, la liquidité bancaire avait chuté à moins de 462 mds de dinars à fin septembre 2020 avant de remonter au-dessus de 630 milliards de dinars à fin 2020, lit-on dans les situations mensuelles de la banque centrale. Celle-ci devait intervenir aussitôt pour enrayer la baisse et dégager des marges de manœuvre au profit des banques de la place afin que celle-ci puisse continuer à financer l’économie. Malgré cette baisse de la liquidité globale des banques qui a marqué l’année 2020, son coefficient à un mois s’est situé à 94,03% durant la même période, soit à un niveau supérieur au minima de 60% exigé. La Banque centrale était intervenue maintes fois pour rassurer quant à la bonne résilience du système bancaire, précisant que le coefficient de solvabilité global des banques a été de 18% à fin septembre 2020 alors que le coefficient des fonds propres de base a été de 14%, soit des niveaux «largement supérieurs aux minimas réglementaires exigés», à savoir au moins 7% pour le coefficient des fonds propres de base et 9,5 % pour le coefficient de solvabilité, observe la Banque centrale. La conjoncture actuelle, marquée par une envolée des cours du pétrole et du gaz sur les marchés mondiaux, est propice à une hausse de la liquidité globale des banques. En effet, la flambée des prix des matières premières, dont l’Algérie est exportatrice, entraînera de facto une augmentation des dépôts bancaires du secteur des hydrocarbures. Ce dernier a été depuis toujours une source non négligeable de ressources pour les banques publiques, lesquelles ont été recyclées dans le financement de l’économie. Cette augmentation des dépôts bancaires du secteur pétrolier et gazier permettrait aux banques de renouer avec le financement, lequel a été pour le moins timide ces deux dernières années, puisque les crédits à l’économie n’ont évolué que de 3,05% en 2020 et de 3,81% en 2021, contre 8,84% en 2019. n