Le ministère de l’Education nationale ne compte pas perdre le contrôle sur le déroulement de la fin de l’année scolaire, marquée par la répétition des débrayages et autres actions de protestation des enseignants. Un bras de fer avec les organisations syndicales en action tend à s’installer.

Par Milina Kouaci
C’est ainsi que le département de Mohamed Ouadjaout a tenté de devancer le rassemblement de l’Intersyndicale, prévu aujourd’hui, en rappelant que «l’encadrement des examens et l’exécution des activités administratives sont un devoir» pour le personnel du secteur. Quel écho aura la mise au point de la tutelle ? Tout sera tiré au clair dans les heures qui viennent en observant la réaction des enseignants de l’Intersyndicale qui vient de perdre le Cnapeste dans cette démarche.
En effet, une semaine après que 13 syndicats du secteur ont annoncé leur décision de boycotter toutes les activités administratives de fin d’année, ainsi que la possibilité de boycotter les examens de fin de cycle, le ministère de tutelle a exprimé son opposition quant à ces appels, tout en exhortant le personnel du secteur à respecter les lois en vigueur et à assurer la continuité du service public de l’Education. «Le ministère est stupéfié que certaines organisations syndicales appellent au boycott de toutes les activités administratives de fin d’année à un moment où il poursuit ses efforts pour prendre en charge les revendications socioprofessionnelles de son partenaire social à travers les rencontres bilatérales qui s’étaleront du 17 au 29 mai», indique le ministère de l’Education nationale dans un communiqué rendu public. Ces appels, selon la tutelle, qui sont «une infraction des lois de la République en vigueur et des principes fondamentaux du service public d’éducation et de l’enseignement, sapent les efforts de la tutelle visant à prendre en charge les revendications soulevées par le partenaire social».
Ces appels, rappelle la tutelle, ont coïncidé avec l’entame des rencontres bilatérales qui sont le seul moyen de solutionner les problèmes du secteur», ajoute la même source.
Le ministère exprime ainsi sa «consternation et sa stupéfaction» de ces appels qui constituent une «infraction flagrante» des lois notamment 14/90 du 23 juin 1990 liées à l’exercice syndical, la loi 03/06 liée à la Fonction publique, 04/08 du 15 janvier de la loi d’orientation de l’éducation nationale et du décret exécutif 08/315 du statut particulier des travailleurs de l’éducation. Le département de Mohamed Ouadjaout rappelle que l’encadrement des examens et des différentes activités administratives sont «un devoir du personnel du secteur». Le fait de les boycotter aura des répercussions sur les écoliers qui attendent d’être examinés. Le ministère a appelé les travailleurs du secteur à respecter l’autorité de l’Etat et les appelle à la vigilance et de ne pas prêter l’oreille à ces appels de boycott.
Le ras-le-bol du personnel enseignant qui, depuis plus d’un mois, organise des actions de protestation pour réclamer la protection du pouvoir d’achat et l’augmentation du point indiciaire, a viré à des appels au boycott des tâches administratives et des menaces de boycott des examens de fin d’année. Treize syndicats se réuniront aujourd’hui, après une action de protestation qui devrait avoir lieu à l’appel de ce collectif, devant l’annexe du ministère de l’Education à Ruisseau (Alger) afin d’étudier la possibilité du boycott de l’encadrement des examens de fin d’année. La tutelle a exigé dudit collectif de surseoir à son action de protestation jusqu’à ce que le tribunal administratif tranche la légalité de ladite action, tout en réaffirmant son engagement à poursuivre le dialogue avec son partenaire.