Lors du mercato hivernal, Islam Slimani a réussi à décrocher un contrat à l’Olympique lyonnais. A 32 ans, l’international algérien a prouvé qu’il n’était pas encore fini. Certes, il n’a pas un statut de titulaire à l’OL. Toutefois, le meilleur buteur de l’EN en activité prend du plaisir à jouer en Europe pour un club bien placé pour disputer la Champions League dans sa prochaine édition. Dans un entretien accordé au quotidien L’Equipe, il a livré les secrets de sa réussite arrivée tardivement, mais qu’il savoure pleinement.

Par Mohamed Touileb
Son processus d’évolution pour devenir un joueur de l’élite n’était pas commun. Ce n’est que les 25 ans passés que le sociétaire du CR Belouizdad a vu se présenter l’opportunité de jouer dans un championnat européen. Il avait rallié le Portugal et le Sporting de Lisbonne où il s’est fait un nom et a gagné le respect.
Les critiques l’ont forgé
Ce passage vers le Vieux Continent, était le fruit des efforts et de la patience puisés dans un environnement pas toujours évident. « Je suis parti (d’Afrique) à plus de 25 ans. En plus, je n’avais aucune formation. Quand j’avais 16-17 ans, je m’entrainais deux fois par semaine sur un demi ou quart de terrain avec trois ou quatre équipes. J’ai commencé avec les A de Chéraga, en D3-D4, à 17 ans. Et je suis arrivé à Belouizdad à 21 ans en D1 et c’est loin d’être l’équivalent de la L1 ici (sourire). J’étais le mal-aimé là-bas, je devais faire plus que les autres pour convaincre les gens », a-t-il retracé.
Efficace mais pas connu pour avoir une technique hors du commun, il a souvent été moqué. Mais cela n’a fait que le rendre plus fort. « En Algérie, ils aiment les dribbleurs. Je marquais mais j’étais critiqué sans cesse par la plupart de la presse et par les supporters » a expliqué le « Gone » qui a indiqué qu’il se sentait « tout le temps sous pression.» Une posture qui n’a fait que cultiver sa « mentalité de guerrier ».
Le natif d’Aïn Benian ajoutera que « plus tu me critiques, plus je suis fort (…). C’est au fond de moi. Je me sens prêt au combat. Je me sens encore jeune. Jorge Jésus, l’entraîneur au Sporting Portugal m’avait dit : «Tu as commencé le foot à 26 ans. Et mon histoire m’a fait grandir. (…) franchement, tout ce qui m’est arrivé en partant de si loin, c’est vraiment beau »
Profil, mutation et la sélection en fierté et aboutissement
Si l’ancien sociétaire de Leicester City a pu durer au plus haut niveau, c’est parce qu’il a su faire preuve de résilience. « Au début, j’étais le buteur type… J’ai changé un peu ma façon de jouer en Turquie (2018-2019, à Fenerbahçe), où j’étais obligé de décrocher pour avoir des ballons. Et puis avec Wissam (Ben Yedder) à Monaco (2019-2020), ça marchait bien comme ça aussi, même si (Robert) Moreno (l’entraîneur, arrivé en décembre 2019) a choisi de ne jouer qu’avec un attaquant l’an passé, donc de me mettre sur le banc. Mourinho m’avait alors appelé à cette période pour Tottenham. C’est une forme de récompense. Tu te dis que certains voient tes efforts… », retrace-t-il.
Toutes ces escales en clubs n’auraient pas été possibles s’il n’avait pas saisi l’opportunité que lui avait offerte Vahid Halilhodzic pour débuter en sélection alors qu’il jouait dans le championnat national. L’EN a donc été une étape essentielle pour lui. C’est pour cela qu’il éprouve une fierté de porter la tunique d’« El-Khadra ». Pour lui, «l’équipe nationale ? C’est le rêve de tout Algérien. Chez nous, le foot c’est un truc de fou. À chaque fois que je porte le maillot algérien, c’est comme si c’était la première fois, avec la même émotion.» Slimani aura l’occasion de nous en procurer dans l’avenir puisque le sélectionneur national Djamel Belmadi a publiquement loué son engagement récemment. Ce qui laisse croire qu’il comptera sur lui pour les prochaines échéances. n