Le divorce était imminent. Et depuis mercredi, il est acté. Youcef Belaïli est un joueur libre après avoir rompu son contrat avec le Stade Brestois. La résiliation s’est faite à l’amiable alors que son bail, pourtant prolongé d’une année le 10 juillet dernier, courait jusqu’en juin 2023. L’international algérien n’a tenu que quelques mois dans un championnat européen. Le degré d’exigences était très important pour qu’il fasse long feu. Ses fulgurances ne pouvaient pas cacher son manque de constance. Pour beaucoup, le «Fennec» est un joueur talentueux mais il manque clairement de sérieux. Une théorie qu’on ne peut infirmer compte tenu de la tournure qu’a prise sa carrière en Bretagne.

Par Mohamed Touileb
« Youcef ressentait un mal-être au quotidien, en étant notamment éloigné de sa famille. Il lui était donc difficile de continuer sur cette voie-là. Pour son équilibre au quotidien et le bien du groupe, nous avons convenu de mettre un terme à notre collaboration. Toutes les choses qui ont pu être dites ces derniers jours au sujet du joueur restent des affaires d’ordre privé qui ne nous concernent pas ou qui ne nécessitent pas qu’on s’étende dessus », c’est ainsi que le Stade Brestois 29 annonçait la fin de l’aventure du Dz.

La marche européenne est trop haute pour lui
Les premiers indicateurs de cette séparation ont fuité lors du stage de l’équipe nationale pour la date FIFA de septembre. Après le deuxième match contre le Nigeria, Djamel Belmadi n’a pas trop voulu s’étaler sur la situation du joueur qu’il avait convoqué lorsqu’il évoluait à l’ES Tunis en 2018. « Je n’ai aucune information. J’espère que c’est une fausse information et que ce ne sont que des rumeurs », avait balayé le sélectionneur national ne voulant pas trop s’étaler sur le sujet.
Cependant, le premier responsable de la barre technique de l’EN a indiqué avoir « dit à mes joueurs de retourner dans leurs clubs et de travailler dur. Il faut faire des efforts ». Belaïli est désormais sans club et il a quitté les Finistériens sans avoir vraiment fait d’efforts pour hisser son niveau et parvenir à suivre le rythme exigeant dans un championnat majeur.
L’échec est là. On ne peut pas le nier. La seule fois où le natif d’Oran a tenté concrètement (on ne comptera pas son passage furtif au SCO Angers en 2017-2018) sa chance de l’autre côté de la rive, il n’a pas montré des épaules suffisamment fortes pour avoir une place de titulaire permanent. Et ce même la formation dans laquelle il évoluait ne joue pas les premiers rôles et se contente de lutter dans la seconde moitié du tableau.

Une expérience aux Emirats arabes unis ?
Clairement, la mentalité du 3e meilleur passeur dans l’histoire de l’Algérie (15 offrandes) n’était pas en adéquation avec le foot dans le Vieux Continent. On a affaire à un footballeur qui se repose uniquement sur son talent et ses fulgurances. Cela peut suffire dans une Ligue secondaire où le niveau physique n’est pas franchement déterminant. Quand il était au Qatar SC, Belaïli pouvait se permettre de s’entraîner à « sa main ». En revanche, en Arabie saoudite, lorsqu’il jouait à Al-Ahli SC, il n’a pas pu tenir la cadence sachant que le championnat saoudien donne beaucoup d’importance à l’aspect athlétique. Là aussi, la collaboration était brève et s’est mal terminée. Désormais, le milieu offensif va faire un pas en arrière. Il devrait évoluer aux Emirats arabes unis selon les informations en notre possession. Un retour au Qatar n’est pas franchement envisageable après sa mésaventure au Qatar SC. Youcef ne va pas chômer. Mais son degré d’ambition a pris un sacré coup après l’épisode brestois. Et cela pourrait impacter sur sa carrière internationale et son avenir à « El-Khadra ». Surtout en présence de Billal Brahimi et Adam Ounas. On aura plus de détails en novembre prochain.