Après les mises en garde du ministère de la Santé quant à la hausse des contaminations au nouveau coronavirus (Covid-19), c’est au tour de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) de lui emboîter le pas en donnant de plus amples explications et en sensibilisant quant à la nécessité d’observer la vigilance qui s’impose en pareille situation.
L’Institut Pasteur n’écarte pas une hausse des cas dans les prochains jours en raison du nouveau sous-variant de l’Omicron, le BA5, qui est en train de gagner du terrain après une accalmie qui a duré plusieurs mois. «A la suite de la vague du mois de janvier dernier, due à la circulation du variant Omicron et notamment le sous-variant BA1 puis le sous-variant BA2, un déclin de l’activité virale a été enregistré, ce qui a engendré une accalmie notable au niveau des structures de santé à travers le pays», a indiqué l’IPA. Mais la situation a commencé à changer doucement mais sûrement depuis le mois de juin dernier. «Un nouveau sous-variant d’Omicron, le BA5, a été détecté dans certaines wilayas de notre pays, qui a progressivement remplacé le sous-variant BA2 qui circulait jusque-là», a relevé l’IPA dans un communiqué.
La hausse des contaminations est illustrée dans les graphes hebdomadaires, publiés par l’IPA sur sa page facebook, qui montrent clairement une évolution qui peut devenir inquiétante si les mesures de prévention ne sont pas respectées. En effet, alors que les cas du sous-variant BA5 étaient à moins de 5 durant la première semaine de juin, ils ont grimpé à près de 35 cas à la fin du même mois. Après avoir enregistré une légère baisse par la suite, les contaminations sont reparties à durant les deux premières semaines de juillet et leur nombre a frôlé les 50 cas cette fois-ci, éclipsant petit à petit le sous-variant BA2 qui, lui, reste à moins de 5 cas. C’est dire que les contaminations au BA5 sont en hausse continue.
«L’augmentation de l’intensité de circulation du BA5 à partir de la semaine du 03 juillet a été corrélée à une légère hausse des cas de Covid-19 au cours de ce mois, tel qu’observé dans les pays où la circulation de ce sous-variant est en cours», selon l’Institut Pasteur, qui met en garde qu’«il n’est pas surprenant de constater une augmentation des cas dans les prochains jours», tout en faisant remarquer que «cela fait partie du cycle d’évolution des virus», surtout que ce sous-variant est présenté comme ayant une transmission plus élevée que les précédents. Afin que les citoyens sachent comment détecter s’ils sont probablement contaminés au BA5 avant d’aller consulter, bien sûr, l’IPA donne quelques indications sur les symptômes d’infection les plus fréquents. «Les signes cliniques les plus fréquents évoqués en cas d’infection par ce sous-variant sont la fatigue, la toux, la fièvre et les maux de gorge et de tête avec une durée des symptômes plus longue, qui peuvent mettre de 7 jusqu’à 10 jours pour disparaître», selon l’Institut Pasteur, qui rappelle que le «BA5 est donc un sous-variant issu de mutations du variant Omicron, qui semble évoluer plus par un mécanisme d’échappement immunitaire, et présente un taux de transmission plus élevé que ses prédécesseurs. L’IPA attire, par ailleurs, l’attention des citoyens sur la possibilité d’une seconde contamination, indiquant que «les personnes infectées par les précédents sous-variants d’Omicron (BA1 et BA2) peuvent être contaminées une deuxième fois par le sous-variant BA5». Partant de ce constat, l’Institut Pasteur d’Algérie tient à rappeler à la population, tel que repris plusieurs fois par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) que «la pandémie est loin d’être terminée comme on peut le constater par l’apparition d’autres sous-variants, sous étroite surveillance (comme avec le BA.2.75, un descendant du BA2 en Inde)».
Il rappelle, à ce titre, la nécessité de rester vigilants et d’observer les mesures du protocole sanitaire adopté depuis le début de la pandémie Covid-19, à savoir le port du masque, l’aération naturelle des lieux fermés, le respect de la distanciation physique et le lavage fréquent des mains. L’IPA rendra publiques des «informations scientifiques supplémentaires» sur le sous-variant BA5 au cours des semaines à venir, dans le cadre de ses missions d’appui à la santé publique, notamment en ce qui concerne la surveillance de la circulation du virus SARS-CoV2 et de ses différents variants, à travers son réseau de séquençage «SeqAlg».