La Fédération algérienne de football (FAF), présidée par Kheireddine Zetchi, ne fera pas machine arrière ! La structure footballistique, qui a été empêchée de tenir l’Assemblée générale Extraordinaire (AGEx) convoquée pour décider de la suite à donner à l’exercice 2019-2020, n’a pas plié face à la pression du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS). La tutelle considère la démarche alternative, qui consiste à faire une consultation écrite, comme non-réglementaire. Le bras de fer est engagé.

Une AGEx casée dans l’anti-statutaire et une consultation jugée sans base réglementaire, les routes semblaient barrées pour la FAF ? Absolument pas. En tout cas, du côté de l’instance fédérale, l’intention est ferme pour aller au bout et obtenir un avis collégial (112 personnes vont voter) de l’ensemble de la famille du football.
« Suite à l’approbation du Ministère de la jeunesse et des sports (MJS) et de la Fédération internationale de football association (FIFA), la Fédération algérienne de football a lancé, le mardi 21 juillet 2020, une consultation écrite auprès des membres de l’Assemblée générale, étant les acteurs principaux du football national, pour se prononcer sur l’issue de la saison sportive 2019/2020 », a écrit la FAF sur son site officiel.

Interprétations distinctes
Du côté du siège de Dely Brahim, on assure avoir eu l’aval du MJS (Khaldi a laissé la porte ouverte à la consultation) pour entamer cette procédure. Sauf que pas plus tard que mardi dernier, Mokhtar Boudina, président de l’Observatoire national du sport qui n’est autre qu’organe consultatif placé auprès MJS, a tenu à préciser que « Cette consultation écrite n’a pas de base sur le plan réglementaire, du moment qu’elle n’est pas prévue par les statuts. Autrement dit, elle ne peut pas avoir la force de l’assemblée générale, ni la force de la réglementation.»
L’ancien Directeur général des sports (DGS) notera aussi que « la démarche de la FAF est une inspiration pour élargir la discussion et demander l’avis de certains membres de l’AG pour essayer d’avoir le consensus le plus large possible. C’est une consultation que la FAF a le droit de faire, rien ne peut l’empêcher, sauf qu’elle ne peut pas remplacer l’Assemblée générale et toutes les formes qu’elle revêt : extraordinaire ou ordinaire.»
Grosso modo, il y a interprétation des lois des deux côtés. Tout cela aurait pu être évité si le BF avait fait valoir l’article 82 des Statuts de la FAF. Un alinéa qui lui conférait le droit de « prendre une décision sur tous les cas non prévus par les dits statuts ou en cas de force majeure.» Mais, étant donné le risque conséquent de créer un bazar et divergences des réactions, Zetchi et son équipe n’ont pas eu le culot d’user de ce pouvoir.

Y a-t-il une cabale ?
En tout cas, si Boudina et Khaldi ont une lecture réglementaire « commune », la FAF insiste sur le fait que « cette consultation écrite se déroulera dans le strict respect de la réglementation et des statuts de la FAF » non sans assurer qu’ « il va sans dire que la reprise effective des activités footballistiques dépendra des autorités publiques et se fera, le cas échéant, dans le strict respect de la loi nationale ainsi que le protocole sanitaire établi par les instances compétentes.»
Si le scénario de reprise existe dans les propositions soumises dans ce vaste « sondage », beaucoup de signaux indiquent que la tendance est pour décréter la fin de la séquence et l’annulation de la relégation en plus de promouvoir 4 clubs de la D2 vers l’élite. Le résultat sera -inévitablement- une Ligue 1 à 20 équipes et le passage à 2 groupes de 18 dans le second palier. Cela veut dire que le mode de compétition changera. Et il se trouve que le MJS avait formellement interdit cette démarche dans une circulaire envoyée à toutes les fédérations « avant la tenue de l’Assemblée élective » pour le mandat olympique 2021-2025. On se retrouve face à un vrai bourbier juridico-sportif. n