Après son communiqué du 05 mai dernier, on croyait que le dossier du match Algérie – Cameroun était définitivement clos. Mais voilà que la Fédération algérienne de football (FAF) a publié un communiqué hier samedi pour dire qu’elle attend «toujours une suite claire et objective» pour sa requête. Et cela veut dire que l’instance de la balle ronde ne compte pas laisser tomber l’affaire de sitôt.

Par Mohamed Touileb
La FAF a enfin expliqué tout dans le moindre détail. Même si son communiqué était prolixe. En tout cas, la structure a voulu «mettre un frein aux spéculations dont certaines ont dépassé le cadre purement sportif et réglementaire, au sujet de la réclamation relative à l’arbitrage» non sans préciser qu’«au delà des faits de jeu, des erreurs qui peuvent survenir et être commises par les arbitres et les joueurs, susceptibles d’influencer le cours et/ou le résultat d’un match, la FAF n’a, dans sa démarche réglementaire et bienveillante, évoqué ni l’adversaire ni toute autre partie, hormis le volet arbitrage». En gros, la contestation porte exclusivement sur la prestation désastreuse de Bakary Gassama au sifflet de cette partie cruciale. D’ailleurs, la FAF a mentionné qu’elle a introduit «une expertise d’une agence spécialisée et réputée pour avoir collaboré avec cette même instance, mais aussi le CIO, l’UEFA et le Conseil d’Europe». Cette dernière a qualifié l’arbitrage de Gassama de «suspect et ce, sur une échelle d’appréciation de trois niveaux (Arbitrage normal, arbitrage suspect et arbitrage anormal)».

«Aucune tierce personne n’a fourni de preuve à la FAF»
Dans le détail, l’évaluation relève un «déséquilibre (100% vs 0%) entre les deux équipes pour IRD (décisions incorrectes de l’arbitre) et le nombre total des IRD élevées (3) qui a directement influencé sur le résultat». Par conséquent, «tous les deux bien plus élevés que les standards habituels des matchs de football professionnel». Ont été évoqués «Le penalty validé qui n’a pas été sifflé (Algérie), le but invalidé accepté (Cameroun) et le but validé annulé (Algérie) ont significativement influencé le match à l’avantage du Cameroun».
Ayant ressenti l’injustice, la FAF «s’est faite un devoir et un principe de saisir la Fifa, pour mettre toute la lumière sur ce qu’elle considère comme un arbitrage suspect de la part de l’arbitre de ce match et de son impact sur son issue». Dans les pièces qu’elle a présentées, elle assure avoir joint des preuves techniques tout en niant avoir «reçu la moindre pièce ou toute autre preuve matérielle (sous un quelconque support) d’une tierce partie afin de la verser dans son dossier de réclamation».
Cette précision sert à démentir toutes les inepties que certains ont propagées sur les réseaux sociaux assurant disposer d’éléments qui alimentent l’hypothèse de corruption du referee gambien. Par ailleurs, la FAF a souligné que «contrairement à ce qui a été rapporté ici et là, la Commission de Discipline de la FIFA n’a jamais rejeté le dossier de réclamation introduit par la Fédération algérienne de football, pour la simple raison que cette dernière a saisi une nouvelle fois la FIFA en date du dimanche 10 avril 2022 (Réf. N°476/SG/FAF/2022) pour demander à ce que le dossier de réclamation soit réaffecté vers la Commission des Arbitres de cette même instance».

Dossier réaffecté, verdict impossible à contester
Dès lors, la décision de la Commission d’arbitrage ne permet pas de saisir le Tribunal arbitral du Sport (TAS) de Lausanne. Là, on peut estimer que du côté de la bâtisse de Dely Brahim, on a mal fait de demander à ce que la requête soit réaffectée chez l’équipe de Pierre Luigi Collina. A ce sujet, on peut rappeler l’article 48 du code disciplinaire de l’instance mondial. Ce dernier précise que «les décisions prises par la commission de discipline et la commission de recours peuvent faire l’objet d’un appel devant le tribunal arbitral de sport (tas)». Et «ce en application des dispositions des articles 57 et 58 des statuts de la Fifa».
Dans cet alinéa, on voit que la Commission d’arbitrage qui avait pris possession de la réclamation de la FAF n’est pas citée. La possibilité de contestation de décisions ne concerne pas l’organe en question. Somme toute, il n’y a qu’un seul cas de figure où la FAF pourrait contracter le0 TAS dont la jurisprudence ne permet pas d’«annuler des décisions prises sur un terrain par un arbitre ou un autre officiel du jeu» : détenir des preuves formelles que Gassama a exercé sous influence (pot de vin). Et d’après ce qu’on a compris, l’instance Dz ne possède rien de concret qui puisse accabler le directeur du jeu. <