PAR MILINA K
En proie déjà à une contestation des organisations syndicales depuis plusieurs semaines, la tutelle a dû faire face à une grogne, accentuée par ce qui s’est passé à Bordj Badji-Mokhtar où des enseignantes ont été sauvagement agressées dans leur logement de fonction.
L’acte, et au-delà de sa gravité à plus d’un titre, a mis davantage en ébullition le secteur de l’Education indigné par ce qui a été réservé aux 9 enseignantes. Dans les établissements du Sud, la situation peine, en effet, à retrouver sa normalité, selon des témoignages d’enseignants. Certains évoquent l’hésitation des enseignants à reprendre du service une semaine après l’abominable agression qui a choqué tous les Algériens.
Pour faire régner de nouveau la sérénité, la tutelle semble mettre les bouchées doubles pour rassurer un corps enseignant, notamment la gent féminine, désabusée et surtout marquée par ce qui s’est passé. D’autant plus que l’année scolaire aborde son dernier virage avec le déroulement des examens de fin d’année. Devant une telle urgence, l’Inspecteur général du ministère de l’Education nationale, Mustapha Benzemrane, qui a eu fort à faire dimanche et lundi devant les syndicats locaux, a promis des réponses à la hauteur des doléances formulées par les enseignants et les autres catégories du secteur. Ce dernier a indiqué, lors d’une conférence de presse, que la tutelle « a répondu favorablement à toutes les revendications soulevées par les organisations syndicales suite à l’agression dont ont fait objet des enseignantes », invitant les enseignants et les organisations syndicales à œuvrer « pour un rétablissement de la sérénité » dans et autour des établissements. Surtout qu’il a été signalé, au lendemain des faits, qu’un nombre important d’enseignants avaient fait leurs valises en quittant Bordj Badji-Mokhtar au moment où dans les milieux scolaires, c’est le boycott des examens du dernier trimestre qui domine les débats. D’autant plus que les enseignants, sortis dans la rue un peu partout, exigent à ce qu’un « climat de sécurité leur soit garanti pour pouvoir continuer à accomplir convenablement leur mission ». Ils ont exigé, en effet, la mise en place d’un complexe de logements clôturé pour les travailleurs de l’Education dans la région et des conditions favorables pour les enseignants, en mettant l’accent sur la nécessité d’assurer la sécurité en urgence pour l’ensemble des travailleurs de l’Education dans la région, ainsi que le soutien psychologique en faveur des enseignantes agressées. Les différents syndicats mettent l’accent sur «la nécessité d’assurer la sécurité et en urgence pour l’ensemble des travailleurs de l’Éducation dans la région, avant toute reprise du travail administratif et pédagogique».
Ce à quoi la tutelle, par la voix de son inspecteur, a promis de « travailler de concert avec les autorités locales pour garantir la sécurité au personnel enseignant». n