Si pour l’Aïd El Fitr, le gouvernement avait pu réduire les visites et les regroupements familiaux propres à cette fête religieuse, en mettant un frein à la mobilité par voie d’interdiction de circulation des moyens de locomotion, la gestion semble nettement plus ardue à maîtriser dans le cas de l’Aïd el Adha.
Fête du sacrifice en premier lieu, cette circonstance met, depuis déjà plusieurs jours, les pouvoirs publics face à une équation difficile à résoudre en matière de mise en place et de respect des mesures de prévention sanitaire anti-coronavirus.
Certes, l’interdiction de circuler entre 29 wilayas du pays, ainsi que celle d’ouvrir des marchés de bétail dans plusieurs localités du pays peuvent aider à tempérer les ardeurs des maquignons en pareille période, propice aux bonnes affaires en les bloquant chez eux. Sauf que cette mesure de confinement renforcée ne saurait sans doute suffire à rompre la chaîne sacrée qu’entretiennent les Algériens avec l’Aïd El Adha. Ceci d’autant que ces derniers se trouvent désormais confortés dans leur attachement au rite du sacrifice à travers la fetwa prononcée lundi par l’Association des oulémas musulmans.
Il reste toutefois que s’il y a risque de nouvelles contaminations en lien avec cette fête, ce n’est pas forcément le jour de l’Aïd qu’il faudra attendre pour tenter de lui faire barrage. Le sacrifice pourrait bien se faire en petite famille dans les mêmes conditions que se fait la vie de tous les jours depuis les toutes premières heures du confinement.
C’est plutôt dans toutes ces journées qui ont déjà commencé et qui se poursuivront jusqu’au jour de la fête que le danger se balade à travers les espaces qui autorisent la vente du mouton et laissent libre cours aux rassemblements qui ont déjà prouvé leur portée de contagion dans d’autres lieux publics bondés, sans gestes barrières.
Loin de ces espaces à gros risques de contamination, les hôpitaux ont déjà fait le plein de cas positifs à travers l’ensemble du pays. Les chiffres ne cessent pas de grimper et font monter à son paroxysme la détresse du corps médical qui, à partir de plusieurs établissements sanitaires, ne cesse d’appeler les citoyens au respect des mesures de prévention. A appeler aussi les responsables concernés à mettre de l’ordre et les moyens nécessaires dans ces lieux où le personnel soignant livre une bataille sans répit à un ennemi mortel.
Et lorsque celui-ci ne s’appelle pas Covid-19, il prend les apparences humaines et des gestes criminels. A l’image de ce qui s’est produit hier à Bouira. Plus que jamais auparavant, la détresse du corps médical est insoutenable.