Cette année encore, l’Algérie ne pouvait pas s’épargner une loi de finances complémentaire. C’est devenu tellement anodin de retrouver ce « sujet » au cœur de l’actualité en cette période, qu’un questionnement sur ses « lectures » n’est plus mis sur la table. Pourtant, il faut le dire, et l’écrire, une fois, deux fois, et autant de fois qu’il est possible, ce n’est pas normal de refaire chaque année une loi de finances qui devait être élaborée et étudiée pour douze mois.
La banalisation de la lettre C à ajouter aux deux autres, LF, démontre, avant tout, la désorganisation réelle au sein des institutions de l’Etat. Evidemment, pour prendre comme exemple la situation actuelle du pays, il y a des données qui, entre janvier et mai, ont « émergé » et qu’il était impossible de négliger ou d’omettre. Certes, il y a toujours un lourd passif de la période bouteflikienne que traînent tel un boulet toutes les institutions de l’Etat, mais il est également capital d’y remédier, au moins par des gestes symboliques. Aussi, c’est trop facile de se cacher derrière les éternelles critiques sur l’exécutif, dont la majorité des membres sont en poste depuis février 2020.
Cependant, comment reprocher au gouvernement ses dysfonctionnements quand, en face de lui, il y a quasiment du néant ! Ici, il est question de programme économique et de solutions aux maux de la société. Malheureusement, la pléthore d’autoproclamés opposants se contentent de critiques acerbes, de constats que Monsieur-tout-le monde peut donner, mais point de forces de propositions.
C’est devenu même lassant de le dire, de l’écrire, alors que, depuis le 22 février 2019, tous les espoirs étaient permis. Avec le C ajouté par l’exécutif, et l’absence d’une vraie opposition, certains auraient pourtant cru apercevoir une « lumière », aussi faible soit-elle, avec la dissolution de l’APN et les élections législatives anticipées de juin prochain. Parmi tous les candidats indépendants ou affiliés à des partis politiques, y a-t-il eu quelques-uns, ou même un, qui ont osé sortir du lot avec des propositions concrètes aux problèmes du pays ? Même si la campagne électorale n’a débuté que jeudi dernier, la réponse s’impose d’elle-même : aucun.
Certes, la désillusion (même si certains l’évoquent) n’a pas sa place dans le paysage algérien, toutefois, il est indéniable que tout doit être fait pour qu’elle ne puisse pas s’installer en nombre et en temps. L’histoire ne jugera pas uniquement les tenants du pouvoir, mais tous ceux qui avaient une aptitude à apporter une plus-value au pays mais qui se sont contentés de la politique du moindre effort.