A force de trop conjecturer sur le sempiternel dossier de l’automobile, devenu aujourd’hui un sujet lassant, l’on a tendance à croire que le ministère de l’Industrie n’est rien d’autre que celui de l’automobile. L’industrie d’un pays de la taille et de l’histoire de l’Algérie pourrait-elle se résumer aux questions interminables de l’automobile et du dossier de l’importation des voitures de moins de trois ans, devenu un sujet d’actualité ? Au moment où l’on parle avec expectative de « l’Algérie nouvelle », qui fait que le citoyen est en attente d’un véritable programme de renouveau industriel, on passe beaucoup de temps à s’intéresser à un sujet qui ne représente qu’une partie infime de l’industrie nationale. Un secteur qui, il faut en convenir, ne s’est pas caractérisé par les résultats escomptés. Voire, constitue un véritable revers qu’il faudrait analyser avec froideur afin de ne plus reproduire les mêmes erreurs qui auront coûté très cher au Trésor public sans avoir doté le pays d’une industrie automobile digne de ce nom. Au lieu de se mettre à réfléchir afin de réorganiser le transport public et le consolider, comme c’est le cas dans les pays développés, on s’échine à focaliser sur l’automobile et à débattre sur
« la possibilité du citoyen moyen de pouvoir acquérir une voiture ». Une aberration empreinte de populisme qui n’a pas lieu d’être en ces moments de retour au dire vrai et de recherche de la confiance du citoyen. L’échec reconnu de la mise en place d’une industrie automobile ne saurait être colmaté par un encouragement de l’importation individuelle de véhicules d’occasion, que les marchés européens en berne se feraient un plaisir de fourguer à des pays en mal de gestion. L’Algérie a plus que jamais besoin d’une réflexion sérieuse sur l’état de son industrie actuellement en piteuse situation. Le ministère de tutelle gagnerait à se remettre au travail dans l’objectif de construire une industrie nationale qui compterait sur les potentialités internes particulièrement immenses du pays.