PAR NAZIM B.
L’imam de la mosquée de la commune de M’chedallah, à 4 kilomètres à l’Est de Bouira, a failli provoquer l’irréparable durant la soirée de samedi à dimanche en créant une tension qui a débouché sur l’interruption du gala artistique qu’animait la chanteuse kabyle Taous Arhab, gâchant ainsi la soirée des citoyens, notamment des familles venues nombreuses partager des moments de joie et de convivialité.
C’était compter sans la folie de l’imam qui s’en est pris, selon des témoins, à tout le monde, aux présents ainsi qu’aux organisateurs de cette activité, coupables à ses yeux de l’avoir fait près de la mosquée du chef-lieu. «A la surprise des présents, le haut-parleur de la mosquée, dont les portes étaient fermées depuis plus de deux heures, c’est-à-dire à la fin de la prière d’El 3ichae et Tarawih, a commencé à diffuser du Coran alors que le gala battait son plein», indique-t-on de sources locales.
En furie, l’imam prend la parole au niveau de la placette publique et traite de tous les noms d’oiseaux la population de la région, provoquant la colère et l’indignation des présents. Les choses auraient pu tourner à la violence, n’était l’intervention de quelques voix appelant au calme et à la retenue. Néanmoins l’incident a fait désordre au sein des autorités locales pressées par les populations locales qui ont diffusé les faits sur les réseaux sociaux pour qu’elles «assument» leurs responsabilités dans cette dérive et prennent les mesures qui s’imposent. Le premier responsable à avoir réagi a été le P/APC de M’chedallah, qui a fait état d’une plainte qui «sera déposée durant la journée contre cet imam». Pour leur part, la wilaya de Bouira et l’APW de Bouira ont signé une déclaration conjointe évoquant «un dérapage verbal isolé», ajoutant que l’incident «a été contenu», faisant part de «mesures administratives qui vont devoir être prises dans tous les cas de figure».
S’en est suivi la réaction de Fawzi Midoun, vice-président de l’APC, qui a indiqué que «la prière de Tarawih s’est achevée vers 21H45 et le gala a commencé vers 22H30», précisant que les choses se sont bien déroulées jusqu’à minuit quand des sons ont été entendus à partir de la mosquée, ce qui a créé un climat de tension. «Nous avons pensé que l’imam avait oublié son microphone ouvert, nous nous sommes précipités vers la mosquée pour nous enquérir, mais nous avons trouvé les portes fermées.
Nous nous sommes adressés à la commission religieuse qui nous a répondu que cela ne relevait pas de leur compétence», a poursuivi le vice-président de l’APC. Le même élu a relevé que le gala a été organisé par la Direction de la jeunesse et des sports de la wilaya en coordination avec la Direction de la culture et l’Association culturelle des jeunes de M’chedallah. Il a relevé aussi que «la place publique où se déroulait l’activité artistique a toujours abrité ce genre d’animation, y compris durant la décennie noire».<