Beaucoup de choses ont été dites autour du grand derby MC Alger – USM Alger programmé avant-hier mais qui n’a pas été joué. En effet, les Usmistes avaient refusé de participer à cette rencontre car ils ont jugé qu’ils étaient amoindris, étant donné que 6 de leurs joueurs étaient engagés soit, avec l’équipe nationale militaire, qui prépare le Mondial, soit avec leur sélection (Ellafi en Libye) pour la date Fifa d’octobre. Ainsi, la direction des « Rouge et Noir » a jugé qu’elle était en droit de demander un report de la rencontre. A tort ou à raison ?

C’est un vrai cafouillage administratif qui doit être résolu par la Ligue de football professionnel (LFP) après que les Unionistes ont décidé de faire l’impasse sur le duel contre leur éternel rival prévu il y a deux jours au stade
5-Juillet 1962 (Alger). Si les Mouloudéens, ainsi que leur public, s’étaient rendus au temple olympique, les « gars de Soustara » ont campé sur le boycott. Et ce n’était pas tout puisque le staff technique de l’« Ittihad » a même programmé une séance d’entraînement dans l’antre d’Omar-Hamadi (Bologhine) à laquelle de nombreux inconditionnels ont assisté pour témoigner leur soutien à cette décision. Un pied de nez.
Sur le plan comptable, en plus des trois points de la partie perdue sur tapis vert, les Unionistes pourraient voir la LFP leur défalquer trois autres unités pour avoir zappé cette explication contre le « Doyen ». Cependant, le directoire de l’USMA a l’intention de saisir la Fifa ainsi que le tribunal arbitral du sport (TAS) pour obtenir gain de cause se basant sur certaines dispositions réglementaire comme celle qui indique, dans l’article 29-4 qu’ «un club peut demander le report d’un match s’il a plus de trois joueurs titulaires en équipe fanion convoqués par l’Equipe nationale olympique.» Or, les cinq Algériens en question sont retenus par la sélection militaire. Ça n’a donc rien à voir avec la Fifa ou les «Olympiques».
Par ailleurs, la formation d’El-Bahdja s’est basé sur l’alinéa 29-3 où il est noté que « le championnat de Ligue 1 s’arrête durant les dates Fifa et à chaque fois que l’équipe nationale des locaux dispute une rencontre internationale.» Sachant qu’aucun pensionnaire n’est retenu avec nos « A », qui affronteront demain en amical contre la Colombie (20h00) à Lille (France), et que les « A’ » ne joueront contre le Maroc (éliminatoires du CHAN 2020) que le 18 du mois en cours, cet « atout » sera considéré comme nul et non avenu.
De surcroît, il faut savoir que l’EN militaire est soumise au Comité international du sport militaire (CISM) et non la Fifa. A partir de là, la FAF et la LFP ne peuvent, en aucun cas, considérer les convocations des cinq éléments en question comme « officielles ». La direction usmiste devait saisir le Ministère de la Défense pour que Sifour, Hamra, Khemaïssia, Benhamouda et Belarbi soient libérés. Les champions d’Algérie en titre ont donc joué sur l’ambigüité pour décider de ne pas se mesurer à l’éternel rival.
En tout cas, la demande de report ne les aurait pas arrangés à long terme. Ni pour ce qui est du calendrier ni les rapports avec les instances chargées de gérer la balle ronde nationale. Explication : en décalant la rencontre, l’USMA aurait trois matches en retard à disputer. Avec le début de la campagne en Champions League CAF, l’agenda serait devenu très chargé. Les poulains de Dziri Bilel n’auraient certainement pas pu suivre la cadence et l’éventuelle programmation démentielle qui se profilait. Ils auraient été appelés à se produire 3 fois par semaine ou 5 fois en 20 jours.
S’il n’y avait pas eu cet imbroglio, les responsables du club 8 fois vainqueur de la Coupe d’Algérie auraient pu solliciter la structure d’Abdelkrim Medouar pour alléger le calendrier et avancer ou décaler certains matchs de 24 heures.
Mais là, il y a un bras de fer qui pourrait s’étendre jusqu’au TAS de Lausanne et la Fifa. Pas de quoi détendre la relation entre l’USMA, la LFP et la FAF. Ces deux dernières, si elles se basent sur les lois en vigueur, pourraient ne pas faire de concession aux camarades de Hamza Koudri. Affaire à suivre.n