Tout a commencé le 4 juin 2016. Le Président de la Ligue inter régions de football, Mohamed Boukaroum, a été injustement écarté pour des raisons non encore connues. Pour le remplacer, la FAF a présenté « son » candidat en la personne de Youcef Benmedjber, ancien arbitre et membre de la commission d’arbitrage de la Ligue de football de la wilaya d’Alger.

Jusque-là rien d’anormal sauf que le candidat en question a été tout simplement refusé par l’ensemble des membres de l’assemblée générale de la LIRF et les élections ont été purement annulées. La majorité des clubs de la LIRF ont refusé de cautionner la mascarade qui a prévalu tout au long du processus de renouvellement des instances. Les présidents «rebelles» avaient considéré la candidature du président postulant nulle par rapport au code électoral (dossier rejeté), non-respect de l’article 13 du code électoral, les signataires de la pétition revendiquent le droit de tout membre de l’assemblée générale d’être candidat à l’élection en vertu de l’article 11, alinéa c de l’ancien statut ainsi que l’article 38 (éligibilité). Après cette rébellion des présidents des clubs amateurs, le président de la FAF avait décidé, au mépris de la règlementation, de mettre cette ligue « sous tutelle » de la Ligue de football amateur, la LNFA. Une décision non réglementaire et contestée, puisqu’elle est contraire aux statuts des ligues et en violation de la loi sur les associations. Pis encore, les responsables de la FAF ne se sont pas arrêtés là, et ont entamé des démarches auprès des membres de l’AG de la LIRF pour l’organisation de nouvelles élections, et c’est chose faite, puisque le PV de la réunion du Bureau fédéral du 19 novembre dernier annonce qu’«après consultation des clubs, il a été décidé de tenir une AG élective pour la Ligue Inter-régions de football dans le strict respect des statuts en vigueur». Cette AG élective s’est tenue le 21 janvier sans que les procédures de convocation et de déroulement ne soient respectées. Infractions pourtant soulevées par des membres de l’assemblée, restées sans suite. La commission électorale, régulièrement élue au mois de mai 2016 et présidée par Toufik Boudiaf, a été carrément marginalisée et remplacée par Ali Malek, actuel président de la Ligue nationale de football amateur. Une flagrante ingérence dans les affaires d’une association sans que les responsables du sport ne réagissent.

Le travail de coulisses gagne le football amateur
Il faut dire que des responsables de la FAF ont entamé, depuis l’annonce du 19 novembre, un travail de coulisses avec les différents clubs amateurs sous l’impulsion du «boss». Des réunions se sont tenues à l’Est, à l’Ouest, au Centre et dans le sud avec plusieurs membres de l’assemblée générale de la LIRF afin d’approuver la nouvelle candidature du candidat unique « contesté », à savoir Youssef Benmedjber, qui a, une nouvelle fois, toute honte bue présenté son dossier. Il n’aura fallu que quelques jours pour organiser la fameuse assemblée élective, au mépris des lois et règlements en vigueur, pour introniser Benmedjber Youcef à la tête de la LIRF. Malgré les recommandations du ministre de la Jeunesse et des Sports, Hadi Ould Ali, quelques jours auparavant lors d’une réunion avec les secrétaires généraux des fédérations, en insistant sur le strict respect de la loi de la République en ce qui concerne le déroulement des élections.

Huissier de justice hors circonscription
L’autre fait marquant de cette nouvelle mascarade, l’AGE, qui s’est déroulée samedi dernier au Centre fédéral de la FAF, en présence d’un huissier de justice, qui ne serait pas de la circonscription de Sidi Moussa et sans que les décideurs ne jugent utile de demander une autorisation à la wilaya d’Alger, comme c’est le cas pour toute les assemblées des autres disciplines sportives. De graves violations des textes et règlements méritent une enquête profonde de la part des autorités sportives du pays pour arrêter ces mascarades dans les instances du football en général et les ligues en particulier.