Un exploit historique. Pour la deuxième fois de son histoire, après 2006, Villarreal se hisse en demi-finale de la Ligue des Champions. Le club de la province de Castellon a éliminé l’un des favoris de la compétition, le Bayern Munich, avec une recette concoctée par Unai Emery. L’ancien entraîneur du PSG sait sublimer ses équipes dans ce genre de rendez-vous en établissant un plan de bataille exécuté à la perfection par ses joueurs. Des lignes bien rapprochées, de la densité dans l’axe quitte à laisser de l’espace sur les ailes, et l’exploitation immédiate des espaces en contres.
«On savait qu’ici c’était fort possible de prendre un but. Mais on savait qu’on allait avoir des opportunités. 90 minutes c’est archi long. On en a une, une vraie, et on l’a marqué», a raconté Étienne Capoue au micro de beIN Sports après la rencontre, tout sourire. Les Allemands, notamment le président du club bavarois Oliver Kahn, ont reproché cette tactique défensive et du gain de temps au fil des minutes.
«C’est injuste. Le match se joue là, en 90 minutes. Nous étions meilleurs. Aujourd’hui, nous n’avons pas perdu de temps. Nous avons joué proprement. Nous jouons comme ça. Chacun a sa tactique de jeu. Mais le respect est important. Vous oubliez le premier match», a tenu à rappeler Unai Emery en conférence de presse.

Motivés par les déclarations arrogantes du Bayern
Mais au-delà de la tactique déployée, Villarreal avait un supplément d’âme, né de la confiance affichée par le club allemand après la défaite du match aller. Les déclarations de Julian Nagelsmann après le revers 1-0 en Espagne ont nourri l’esprit combatif du Sous-marin jaune. «Nous avons fait beaucoup d’erreurs à l’aller. Ils en ont fait une : nous laisser en vie. Et nous devons les punir pour ça», avait-il déclaré. Ce sentiment de supériorité était même partagé sur les réseaux sociaux, le compte du club allemand se permettant de partager le pronostic d’un internaute, qui misait sur un 9-3 en faveur du Bayern au match retour…
Villarreal a répondu à cela avec humour sur les réseaux sociaux, et ses joueurs n’ont pas manqué de faire passer le message. «Aujourd’hui c’était le cœur, on a vraiment tout donné, pour tout ce qu’ils ont dit dans la presse aussi. Ça nous a motivés. Parce que je pense qu’ils ont manqué d’humilité, c’est dommage parce que c’est vraiment un super club et je trouve qu’ils ont été un peu arrogants envers nous. Ça nous a donné cette extra-motivation», a expliqué Capoue, relayé par son partenaire de l’entrejeu Dani Parejo. «L’entraîneur (Nagelsmann), je ne le connais pas, mais je pense qu’il a un peu manqué de respect à Villarreal et au football, pour avoir dit qu’il voulait nous punir après le match aller. C’était un manque de respect pour nous et je pense qu’à la fin quand tu craches, parfois ça a tendance à te retomber dessus». Même son de cloche chez Gerard Moreno. «Ces commentaires nous ont servi de motivation. Aujourd’hui, ils ont fait l’erreur de nous laisser en vie et nous en avons pris avantage. Ce que l’équipe a fait est formidable». On ne saurait donc conseiller au prochain adversaire de Villarreal, Liverpool ou Benfica, de ne pas énerver plus que de raison les joueurs du sous-marin jaune ! <