Délesté des clubs fondateurs de la Super League, l’ECA, accompagnée dans sa démarche par les différents championnats européens, a décidé de faire pression sur l’UEFA pour changer certaines règles de la future Ligue des Champions et notamment les places supplémentaires attribuées aux clubs ayant le meilleur coefficient UEFA.
La bataille contre la Super Ligue Européenne, portée par douze clubs dissidents, a été gagnée. Mais la guerre n’est pas finie. En effet, entre le projet bâti essentiellement par le Real Madrid et la Juventus Turin et la nouvelle formule proposée par l’UEFA pour la Ligue des Champions, il n’y a finalement pas une grande différence sur le fond. Et puisque le concept initial du football, populaire, est sur un bel élan, autant continuer. D’autant que dans leur manœuvre, les douze clubs ont donné un peu de lest aux autres.
En effet, pour lancer le projet Super League dans la nuit de dimanche à lundi, les douze représentants des clubs concernés (Real Madrid, FC Barcelone, Atéltico de Madrid, Juventus, Inter Milan, AC Milan, Manchester United, Manchester City, Liverpool, Chelsea, Arsenal, Tottenham) ont démissionné de leurs postes respectifs à l’ECA (l’association des clubs européens) et au comité exécutif de l’UEFA. Résultat, l’ECA, représentant des clubs et principal interlocuteur de l’UEFA, ne compte plus dans ses rangs certains des plus grands clubs européens. Et oppose donc de nouvelles demandes à l’UEFA.

Continuer sur la bonne lancée
Comme l’expliquait The Times hier, renforcés par leur victoire morale sur la Super League, les différents championnats européens et la nouvelle ECA délestée des douze dissidents, veulent faire sauter l’une des propositions de l’UEFA pour sa nouvelle Ligue des Champions. Proposition visant à plaire aux gros clubs, ou tout du moins à les protéger. En effet, dans le nouveau schéma, au moins deux places seraient réservés à des clubs non qualifiés via leur championnat mais dont le coefficient UEFA est le plus élevé. Exemple : Arsenal et Tottenham auraient été inclus à la Ligue des Champions malgré leur 6e et 8e place de la saison passée, en plus des 4 clubs anglais qualifiés de base, car bénéficiant d’un coefficient UEFA (qui prend en compte les résultats européens sur les 5 dernières années) plus élevé que d’autres.
Autant dire que cela assure une forme de garantie pour des clubs de cette envergure en cas d’échec en championnat (comme aujourd’hui la Juventus en Serie A ou Liverpool en Premier League peuvent le redouter) de participer à la plus lucrative des Coupes européennes. Cette recherche de stabilité était d’ailleurs l’un des arguments principaux de Pérez et d’Agnelli pour justifier la création d’une Super Ligue Européenne. Comme redouté, bien que la menace de cette compétition dissidente se soit éteinte, l’UEFA compte bien récupérer les vilains petits canards en leur graissant la patte. Mais cela ne plaît pas.
Un membre du conseil d’administration de l’ECA a assuré au Times qu’un nouveau combat allait être mené pour que ces places supplémentaires bénéficient à des clubs champions pour une accession directe. Des clubs comme le Celtic ou les Rangers en Écosse ou à l’Ajax Amsterdam aux Pays-Bas. Histoire de ne pas trop s’éloigner de l’origine de cette compétition qui a pris un tournant bien différent depuis la fin des années 90.
L’UEFA serait prête à discuter de ce point, quand bien même ce genre de positionnement serait mal perçu par les clubs fondateurs de la Super League.