On avait comme l’impression que c’était écrit. Qu’il était prédestiné à trôner. Le Bayern Munich a remporté sa 6e Ligue des Champions en battant le Paris Saint-Germain (0-1) dimanche soir en finale à l’Estádio da Luz de Lisbonne (Portugal). Une épopée européenne parfaite dans laquelle les Allemands, qui signent (comme en 2013)
un triplé Bundesliga – DFB-Pokal – Champions League, n’ont jamais été vraiment inquiétés. Retour sur une campagne maîtrisée de bout en bout.


Difficile de faire mieux et laisser la forte impression, la conviction, d’être injouable. Surtout quand il s’agit d’une épreuve qui rassemble les meilleurs clubs d’Europe. Mais les Munichois l’ont fait. Avec brio. En prouvant, encore une fois, que, pour les Allemands, le football est une science exacte basée sur la justesse et la rigueur.
Certes, le score de l’explication ultime contre les Parisiens est plus étriqué que les démonstrations réalisées lors des tours précédents. Cependant, il faut admettre que, même s’ils étaient déterminés à décrocher la première étoile de leur histoire, les Français n’ont pas franchement existé. En face, les coéquipiers de l’excellent et polyvalent Joshua Kimmich, passeur décisif sur l’unique réalisation signée Kinglsey Coman, étaient trop disciplinés et ultra-présents dans l’entre-jeu. Tout ce qui était recommandé pour faire déjouer la stratégie de Thomas Tuchel qui n’a jamais pu trouver la faiblesse d’un Bayern insubmersible. Surtout avec la présence d’une pieuvre nommée Manuel Neuer dans les buts.

Parcours sans fausse note
Durant la session 2019-2020 de la C1, Robert Lewandowski, qui a vu son compteur buts s’arrêter à 15 réalisations à deux longueurs d’égaler le record de CR7 sur une édition, & cie ont remporté les 6 matchs de la phase de poules avant de gagner tous ceux du « knockout stage ». Aucun adversaire n’a pu dominer les Allemands. Même quand c’est Niko Kovac, licencié en novembre pour mauvais résultats en championnat, était sur le banc.
Le bilan est là : 43 buts marqués, dont 8 passés au FC Barcelone lors de la rouste historique (8-2), 8 encaissés en 11 rencontres (au lieu des 13 habituelles dans une séquence ordinaire car cette année la LDC a été écourtée en optant pour un « Final 8 » contexte sanitaire délicat oblige). Un moyenne de 4 pions inscrits par match mais -surtout- une défense suffisamment hermétique. D’ailleurs, le PSG, qui restait sur 34 sorties dans lesquelles il avait toujours fait mouche au moins une fois, s’est cassé les dents.

Programmé tel un cyborg
La faute à un pressing haut exercé de manière impressionnante. A la limite de l’inhumain. A croire que Hans-Dieter Flick, 6e coach Allemand à brandir la coupe aux grandes oreilles, avait programmé ses troupes tel un cyborg chargé d’accomplir une tâche tout au long des 90 minutes. Cela n’aurait pas été possible sans une bonne préparation physique. Il faut dire que le fait que la Bundesliga ait repris plus tôt que les autres championnats européens et s’est accordé un mois de repos avant la reprise de la messe continentale a été pour beaucoup dans la compétitivité affichée par les nouveaux maîtres d’Europe.
Le coach était fier de ses protégés. Il sait qu’un sacré chemin a été accompli depuis qu’il les a repris. « Je suis fier de l’équipe. Lorsque nous avons commencé en novembre, je lisais des gros titres comme : «Il n’y a plus de respect pour le Bayern.» Le développement de l’équipe, ces dix derniers mois, a été sensationnel. Nous avons tout utilisé de façon optimale, y compris la pause du coronavirus. Nous avons vu que Paris était très fort offensivement, mais nous avons néanmoins joué avec audace, c’est juste classe et nous méritons notre victoire », s’est réjoui celui dont le contrat court jusqu’à 2023.

Une longueur du Milan AC
En gagnant sa 6e finale sur les 11 disputées, le team de la Bavière a délogé Liverpool champion en titre en plus d’égaler son nombre de triomphes en la matière. Devant, il y a deux clubs qui ont fait mieux : le Milan AC avec ses 7 coupes et le Real Madrid qui caracole loin devant avec 13 consécrations. Les Madrilènes sont clairement dans une autre catégorie.
Avant de penser à les rattraper, le géant d’Allemagne devra évincer les Milanais d’abord. C’est ce qu’il essayera de faire dès l’opus 2020-2021 en essayant d’atteindre la 2e finale de rang comme ce fut le cas entre 2012 et 2013. Les camarades de Robben à l’époque avaient perdu la finale aux tirs au but face à Chelsea avant de dominer le Borussia Dortmund l’année d’après signant leur 5e couronnement dans l’épreuve. Tradition oblige, il faudra compter sur le Bayern Munich qui reste une valeur sûre dans la zone UEFA. n