Le chef de la diplomatie libanaise a réclamé hier vendredi la réintégration de la Syrie au sein de la Ligue arabe, lors d’une réunion à Beyrouth sous l’égide de l’organisation panarabe à l’approche de son sommet économique.

La capitale libanaise accueille demain dimanche le quatrième sommet économique de la Ligue arabe, un évènement qui s’annonce déjà marqué par l’absentéisme de la plupart des chefs d’Etat des pays membres. Seuls les présidents de Somalie et de Mauritanie sont attendus. Le siège de la Syrie à la Ligue arabe avait été gelé fin 2011 en réaction à la répression meurtrière lancée par le régime de Bachar al-Assad contre des manifestations appelant à l’ouverture politique du régime, une séquence qui a ouvert la voie à une guerre civile et l’arrivée d’acteurs internationaux dans le conflit. La réintégration de Damas au sein de la «Jami’a» fait aujourd’hui débat, au moment où le pouvoir en place a le vent en poupe après avoir multiplié les victoires militaires et reconquis les deux tiers du pays des mains des factions rebelles.
«La Syrie est le grand absent aujourd’hui à notre conférence, et nous ressentons ce poids», a lancé le ministre libanais des Affaires étrangères Gebran Bassil, à l’ouverture d’une réunion ministérielle de la Ligue arabe. «La Syrie doit être parmi nous, sans attendre une quelconque autorisation pour son retour. Et ce, afin de ne pas nous couvrir d’une honte historique en l’ayant suspendue sur un ordre étranger et en la réintégrant sur autorisation étrangère», a-t-il souligné, sans dire à qui il faisait référence. L’Algérie est favorable au retour syrien au sein de la ligue, l’Irak a récemment formulé un voeu similaire et les Emirats arabes unis ont rouvert en décembre leur ambassade à Damas, après avoir coupé en 2012 leurs relations diplomatiques avec le régime. L’Arabie saoudite, poids lourd régional opposé à Damas, semble encore réticente à une normalisation avec la Syrie et à sa réintégration au sein de l’organisation panarabe.
Avant-hier jeudi, le chef de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit a souligné le manque de «consensus» parmi les pays membres sur ce possible retour. «Quand il y aura un consensus arabe et qu’on sera sûr qu’il n’y aucune objection (…) il n’y aura rien de plus simple que de mettre la question à l’ordre du jour d’une réunion» des ministres des Affaires étrangères, a-t-il souligné. Les discussions du sommet économique porteront sur des sujets divers, notamment l’économie numérique et un projet de zone de libre-échange arabe qui peine à voir le jour depuis plusieurs années. Le Liban souhaite aussi adopter une initiative appelant les pays de la région à l’aider dans la prise en charge des quelque 1,5 million de réfugiés syriens qu’il accueille.