Moins d’une semaine après la déclaration du ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, annonçant une réunion en Algérie des factions palestiniennes avant le 31e Sommet de la Ligue arabe, prévu les 1er et 2 novembre, le journal Al-Quds Al-Arabi révélait hier «selon ses sources» qu’une délégation du mouvement Hamas était déjà arrivée, samedi soir, à Alger «à l’invitation des autorités» du pays.

Par : Nadir Kadi
Les discussions, qui devraient avoir lieu en plusieurs étapes entre le Fatah et le Hamas, sous la médiation de la diplomatie algérienne, devraient permettre de définir les «points» d’un futur projet d’accord de réconciliation entre les deux principales forces politiques palestiniennes.
En effet, projet déjà évoqué par le ministre Ramtane Lamamra, qui déclarait jeudi dernier, selon l’APS, que la diplomatie algérienne œuvrait, sous la conduite du président de la République, à consolider les rangs palestiniens à la faveur d’une réunion qui se tiendra «bientôt» en Algérie. Il s’agit plus exactement pour M. Lamamra de «parvenir à une unité arabe renforçant l’unité palestinienne, mais aussi d’amorcer à la faveur du Sommet d’Alger un départ pour l’action arabe commune en vue d’actualiser la solidarité et la coordination pour une paix pérenne et équitable basée sur l’accès du peuple palestinien à ses droits imprescriptibles, tout en relevant les défis auxquels font face les sociétés arabes, partant du principe de sort commun et collectif».
Et dans cette logique on apprenait hier que l’Algérie présentera un «plan de réconciliation» aux deux délégations palestiniennes. La diplomatie algérienne, qui prévoit visiblement plusieurs rounds de discussions, envisage en effet de tenir «dans un premier temps», des séances de dialogue individuelles avec les dirigeants du Fatah et du Hamas. L’objectif suivant étant de rassembler les deux parties autour d’une même table.
Quant aux «bases» de travail des discussions et de l’éventuel accord qui pourrait en découler, il s’agit selon le journal Al-Quds Al-Arabi du fruit de «réunions exploratoires» qui auraient déjà été organisées à Alger entre les délégations des factions au cours des mois de janvier et avril derniers.
Des discussions, ajoute la même source, qui auraient permis de renforcer le consensus déjà trouvé entre les parties depuis plusieurs années, notamment suite aux rencontres au Caire, à Gaza et à Istanbul.
Réunion d’Alger qui pourrait en ce sens avoir un réel impact sur l’avenir du champ politique palaisien si elle venait à faire converger les points de vue du Fatah et le Hamas. Le porte-parole du Fatah, Mundher al-Hayek, avait pour rappel précisé que son mouvement tient à répondre à l’appel de l’Algérie «afin de travailler à surmonter tous les obstacles pour parvenir à un accord pour la fin de la division et de l’unification des institutions palestiniennes».
Le même mouvement envisagerait en ce sens la formation d’un gouvernement d’entente nationale, réunissant les institutions du pouvoir à Gaza et à Ramallah.
Le Hamas, pour sa part, avait confirmé l’invitation officielle à se rendre en Algérie et a exprimé sa «grande appréciation pour cette généreuse invitation par laquelle les dirigeants algériens tenaient à contribuer à mettre fin à la division et à parvenir à une réconciliation nationale».