Le prochain sommet de la Ligue arabe, le 1er et 2 novembre prochains à Alger, sera tout sauf routinier. Telle est l’observation que fait le porte-parole du secrétaire général de la «Jami’a» Ahmed Aboul Gheit.

Par Halim Midouni
Djamel Rochdi a ajouté que le «test réside désormais dans la mise en pratique de ce qui a été convenu» de faire par les factions palestiniennes qui ont signé, jeudi 13 octobre 2022 à Alger, leur accord de réconciliation.
En attendant, cet accord contenu dans le document intitulé «Déclaration d’Alger», signé jeudi 13 octobre 2022, est déjà un succès pour les différents groupes palestiniens eux-mêmes, et pour la diplomatie algérienne qui, après des mois de tractations, a réussi à obtenir de ces groupes l’engagement à ressouder les rangs et à s’organiser pour des élections législative et présidentielle d’ici octobre 2023.
Cette réussite est saluée par le secrétaire général des Nations unies, M. Antonio Guterres, qui a qualifié la signature par les factions palestiniennes de la «Déclaration d’Alger»de «pas positif».
Dans un communiqué rendu public hier, 16 octobre 2022, par son porte-parole Stéphane Dujarric, «le secrétaire général (…) encourage toutes les factions à surmonter leurs divergences par le dialogue et les exhorte à respecter les engagements inclus dans la Déclaration, y compris la tenue des élections».
M. Guterres souligne «l’importance de la réconciliation palestinienne pour un Etat palestinien politiquement stable, économiquement viable, souverain et indépendant». Il dit «apprécier grandement les efforts déployés à cette fin» par l’Algérie «et, particulièrement, par le Président Abdelmadjid Tebboune».
Samedi 15 octobre, au soir, le ministre des Affaires étrangères jordanien, qui était en visite à Alger et dont le pays occupe une place importante par rapport à la question palestinienne, s’est félicité lui aussi de «la Déclaration d’Alger» pour la réconciliation palestinienne. Il a déclaré que le royaume hachémite de Jordanie «apprécie hautement les efforts (…) de l’Algérie». Ayman Al-Safada a rappelé que la cause palestinienne est «une question centrale», et la fin de la division palestinienne et la réconciliation nationale, un «impératif pour (…) la satisfaction des revendications légitimes du peuple palestinien».
Et «pour la réalisation d’une paix juste et globale, fondée sur la solution des deux Etats et l’établissement d’un Etat palestinien souverain avec Al Qods pour capitale sur les frontières de juin 1967».
En Egypte, qui est aussi un pays clé pour la question palestinienne, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Mohammed Orabi, a estimé dans une déclaration de presse que la «Déclaration d’Alger» et l’accord d’entente interpalestinien qu’elle porte est «un coup de pouce et une bonne préparation pour le sommet arabe», indiquant que l’atteinte de cet accord en ce moment est un grand effort qui compte pour l’Algérie». Concernant la position du Caire sur la «Déclaration», l’ancien chef de la diplomatie a affirmé que les autorités égyptiennes la «soutiennent».
Au niveau international, Moscou a salué la «Déclaration» et le ministère russe des Affaires étrangères a exprimé – dans un communiqué de presse – son espoir que «tout le contenu» du document «sera mis en œuvre, y compris la tenue d’élections présidentielle et législatives, et l’élection du Conseil national palestinien dans les délais».
Pour l’Union européenne, la signature de la «Déclaration d’Alger est une nouvelle encourageante».
En parvenant à ce résultat, Alger est d’ores et déjà assuré qu’un des objectifs centraux du sommet de novembre prochain est atteint. Désormais signée par les factions palestiniennes dont leurs deux poids lourds, le Fatah et le Hamas, la «Déclaration d’Alger» est susceptible de relancer sur de nouvelles bases le soutien des Etats membres de la Ligue à la cause palestinienne, qui a connu durant ces dernières années de graves revers.
Cela, en raison des divisions inter palestiniennes et du processus de normalisation avec Israël dans lequel se sont engagés, sans bénéfice ni dividendes pour la cause palestinienne et le droit des Palestiniens à un Etat viable, plusieurs Etats arabes du Golfe ainsi que le Maroc, chacun selon ses intérêts et ses calculs ; dans le cadre des «accords d’Abraham» supervisés par les Etats-Unis au temps de l’administration républicaine de Donald Trump, toujours en vigueur sous celle, démocrate, de Joe Biden vis-à-vis de laquelle se méfie, a-t-il dit il y a quelques jours à Astana, au Kazakhstan, lors de la Conférence pour l’interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA), le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
Sans la signature de la «Déclaration d’Alger», les chances de succès du sommet de la Ligue arabe auraient été minimes, voire quasi nulles tant le seul dossier à faire consensus entre les Etats membres reste celui de la cause palestinienne. Les crises en Libye, au Soudan et au Yémen, elles, nourrissent les rivalités et les clivages les plus divers et sont, par ailleurs, au cœur d’enjeux internationaux qui dépassent la seule sphère arabe. n