La délégation du CA Bordj Bou Arréridj a vécu l’enfer à Aïn M’lila, selon son président Aïssa Afafsa avant et pendant le match qui les a opposés vendredi au stade des frères Demene-Debbih. C’est donc un nouveau dossier épineux pour la commission de discipline de la Ligue nationale de football professionnel (LFP) dirigée par un directoire provisoire. Retour sur des faits désolants.

Bien avant le match, le bus du CA Bordj Bou-Arréridj a été caillassé par des pseudo-supporters d’Aïn M’lila. D’ailleurs, ce même bus a été escorté par des dizaines de jeunes locaux sur des motos intimidant ainsi joueurs, staffs et responsables de l’équipe. A l’arrivée au stade, les membres de la délégation du CABBA ont eu peur de rejoindre les vestiaires sans assurance. Le président Afafsa contacte alors le délégué du match pour constater la situation. En vain.
Le président du CABBA tient à préciser que « mon équipe a vécu l’enfer puisque dès qu’on est descendu du bus dans le stade, les joueurs ont été accueillis par des coups de pieds et de mains de la part des vigiles pour les intimider encore plus…», témoigne Afafsa.
D’ailleurs, un joueur de l’équipe de Bordj Bou-Arréridj n’a pas hésité à déclarer que «cette situation m’a vraiment rappelé le bus de notre sélection nationale qui a été caillassé au Caire lors des qualifications au Mondial 2014 ».
Huis clos dites-vous!
Plus grave encore, le match devant se dérouler à huis clos, il y a donc impossibilité de le « téléviser », mais précise le président du CABBA « des dizaines de supporters ont suivi le match des tribunes sans que l’arbitre n’intervienne… ». Et ce même arbitre est fustigé par le premier responsable de l’équipe bordjienne qui ajoute qu’« au cours du match, l’arbitre nous a refusé un but en première mi-temps qui aurait pu changer la physionomie de la rencontre. Mais, on comprend parfaitement cette décision car l’arbitre était sous forte pression tout comme nos joueurs qui ont été bombardés d‘ailleurs par des pierres et projectiles lors de leurs échauffements…». Finalement, l’AS Aïn M’lila a donc battu vendredi son concurrent direct le CA Bordj Bou Arreridj (2-0) dans un match qui n’a de huis clos que de nom comptant pour l’avant-dernière journée de la Ligue 2 Mobilis. Ainsi, l’ASAM retrouve à l’issue de cette victoire la Ligue 1 Mobilis qu’elle a quittée il y a 16 ans. Mais, les actes de violences commis par des pseudos supporters des gars d’Aïn M’lila pourraient remettre en cause cette victoire. Il est vrai  que mathématiquement, l’ASM Ain M’lila  a empoché les trois points de la victoire, mais la commission de discipline pourrait prendre des décisions pouvant remettre en cause cette victoire…

L’intimidation de Bougherara, un prélude…

D’ailleurs, il est important de signaler au passage que cette histoire d’intimidation de la part des pseudo-supporters de l’ASAM a été remarquable deux jours avant ce match.
Faut-il pour cela rappeler cette décision « surprise » du désormais ex-entraîneur du CA Bordj Bou-Arréridj, Liamine Bougherara, lundi dernier? Deux jours plus tard, Bougherara a  reconnu que sa décision de quitter, à la surprise générale, le club à deux jours d’un match crucial face à son ancien club, l’AS Aïn M’lila, pour l’accession, «n’était pas professionnelle», expliquant que sa démission était liée à des raisons «purement personnelles». «Je sais que ma démission n’est pas professionnelle. Laisser tomber l’équipe à un moment crucial de la saison et à deux jours d’un match décisif pour l’accession est difficile à prendre. Mais j’ai subi des pressions énormes du moment que je suis un enfant d’Aïn M’lila qui m’ont poussé à jeter l’éponge. Je ne pouvais continuer. Je pense que j’ai évité le pire», a affirmé à l’APS Bougherara. Sans commentaire. Reste à savoir si la commission de discipline de la direction provisoire de la LFP remettrait en cause cette victoire de l’ASAM sur son concurrent direct au vu des documents relatifs à ce dossier. La LFP a été « déboutée » récemment par la FAF concernant la réduction de la peine de suspension du joueur de l’USMA Koudri de 2 ans à 8 matchs par la Commisison fédérale de recours. Ainsi, la LFP aura donc une chance de retrouver sa « crédibilité» à travers ce nouveau dossier épineux relatif aux actes d’intimidations. Les M’lilis pourraient avoir une mauvaise surprise si des sanctions venaient à tomber. Cela pourrait aller jusqu’à la défalcation de points.