Dans un contexte sanitaire inédit en raison du coronavirus, le football algérien, comme tous les autres sports, est à l’arrêt. Le championnat de Ligue 1 a été gelé à la 22e journée en attendant une éventuelle reprise. Aussi, il y a la probabilité que la compétition n’aille pas au bout. En tout cas, Chérif Mellal, président de la JS Kabylie, est « contre l’arrêt définitif de la compétition.»

Vice-champions d’Algérie sortants, les « Canaris » sont, encore une fois, dans la course au titre. Ils sont à une unité du podium (36 points) et 4 seulement du leader, le CR Belouizdad, qui compte, néanmoins, une rencontre en moins à disputer. Pour le patron de la formation kabyle, il y a des enjeux en haut et en bas de la hiérarchie.
En attendant les décisions des autorités concernant l’avenir sportif du pays, le successeur de Mohand-Chérif Hannachi s’est fait sa propre idée. Il n’imagine pas la saison se terminer. « Actuellement, nous attendons la reprise du championnat, on est contre l’arrêt de la compétition où on jouera nos chances à fond. Il reste encore huit matchs à disputer, le sort du titre est loin d’être scellé. Les chances sont intactes pour tout le monde, aussi bien pour le podium que pour la relégation.» Quelque part, c’est un tacle adressé au CR Belouizdad qui avait récemment, via un communiqué, préconisé l’arrêt définitif des compétitions.

Les Tunisiens sont bons clients
A 4 points du « Chabab », les « Lions du Djurdjura » savent que tout peut arriver lors des 8 rounds qui restent et qu’ils ont leur chance d’être sacrée cette fois après avoir échoué de très près l’an dernier. Par ailleurs, son équipe est face à une belle occasion de mettre fin à une disette de 12 ans sans titre de champion. « C’’est trop, c’est le moment de reconquérir le championnat », estime Mellal qui promet que « dans deux ans, la JSK regoûtera aux consécrations africaines » En outre, la pandémie du COVID-19 et le foot qui est en stand-by ont leurs répercussions économiques sur les prévisions des clubs. Surtout en Algérie où la gestion financière n’obéit pas vraiment à une politique bien ficelée qui puise amortir les conséquences de l’arrêt des épreuves. Pour le chairman du team le plus titré en Algérie, « on doit revenir au mode amateur car on n’a pas les moyens » surtout que « tous les clubs algériens sont déficitaires.» Pour ce qui est de son propre club, Mellal dit attendre d’encaisser les primes de la CAF (participation à la Ligue des Champions), qui ont été versées il y a deux jours, pour payer les arriérés des joueurs. Sur le plan des liquidités, Mellal semble être partisan du décret de la Fédération tunisienne de football (FTF) qui considère les footballeurs algériens comme des locaux. Cela augmente forcément l’intérêt des clubs de Tunisie pour venir faire leurs courses en Ligue 1. « L’idée de vendre des joueurs aux clubs tunisiens nous permet de récupérer un peu d’argent », admet celui qui a vendu Ilyes Chetti pour 250.000 euros pour l’ES Tunis. A ce prix, c’est vrai qu’on ne peut qu’aimer faire affaire avec les voisins. n