L’élection présidentielle, inscrite dans le plan de sortie de crise du pouvoir politique au nom du respect de l’ordre constitutionnel, divise plus que jamais les courants politiques de l’opposition. Le scrutin présidentiel est dans la ligne de mire du pôle politique dit des « Forces du changement » qui a fait état, hier, à l’occasion de son forum national de dialogue, de la nécessaire « consécration de la volonté populaire par une élection présidentielle libre et régulière ». En face, les Forces de l’alternative démocratique, plutôt favorables à une période de transition, voient d’un mauvais œil l’organisation d’une présidentielle dans le contexte politique actuel, exigeant des préalables à satisfaire pour rendre possible un tel rendez-vous. Si les membres des « Forces du changement» ne voient pas d’autre issue à la crise en dehors d’une élection présidentielle, ce n’est pas l’avis des partis de la mouvance démocratique pour qui
« l’organisation d’une élection présidentielle dans le cadre du système actuel ne servira qu’à sa régénération». Les deux courants conçoivent ainsi différemment le rendez-vous électoral présidentiel entre ceux qui le prennent pour une fin en soi et ceux qui le considèrent comme l’étape finale devant consacrer le changement qui aura bénéficié du rapport de forces favorables et nécessaires. C’est à ce titre que des entités au sein du courant démocratique reprochent à l’autre bord politique de vouloir courir derrière un semblant de changement qui n’équivaudrait pas un passage vers la démocratie et l’Etat de droit. En tout état de cause, le clivage est plus que manifeste entre les deux courants, dont la perspective de la présidentielle et le contexte général dans laquelle elle devrait se dérouler vont aggraver les divergences. Il est certain que le clivage ne prend pas forme pour la première fois dans l’histoire récente du multipartisme algérien, mais l’intensité qui marque le champ politique promet visiblement des batailles politiques passionnées. Avec cette nouveauté que le champ politique national compte désormais un acteur de taille qui est le mouvement populaire qui ne cesse de faire bouger les lignes.