A Séville (0-0), le FC Barcelone n’a pas été convaincant sur le pré. Mais sur le terrain de la communication, les Catalans ont trouvé de jolies pirouettes pour faire baisser la pression. Et la rejeter sur le Real Madrid. Le Barça peut encore profiter du trône. Au moins jusqu’à ce soir. Mais le nul concédé par le club catalan sur la pelouse du FC Séville, vendredi soir (0-0) a fragilisé sa posture. Si son ennemi madrilène s’impose face à la Real Sociedad, les Blaugrana perdront la première place du championnat, qu’ils avaient regagnée une semaine après leur défaite lors du Clasico (2-0), le 8 mars dernier. Si nouveau chassé-croisé il y a, sera-t-il le dernier ? Impossible d’y répondre, bien sûr, à huit journées du baisser de rideau. Surtout que depuis le début de saison, aucun des deux mastodontes espagnols n’a été capable de s’affirmer durablement. « Il y a encore beaucoup de points en jeu, a rappelé Quique Setién, le coach barcelonais, en conférence de presse d’après-match. J’ai remarqué que Valence avait réussi à poser beaucoup de problèmes au Real Madrid… Cette Liga est très équilibrée.»
Le verre à moitié plein ?
Il n’empêche, la Casa Blanca a tout de même fait meilleure impression depuis la reprise, tant au tableau d’affichage (3-1 contre Eibar, 3-0 contre Valence) que dans le jeu. « Vu les deux derniers matches, je pense que ça va être très difficile de gagner cette Liga, je ne vois pas où le Real Madrid va perdre des points », a renchéri Gérard Piqué au micro de Movistar+, non sans une forme d’ironie. Habile communicant, le défenseur espagnol a probablement tenté de souffler sur les braises alors que certaines décisions arbitrales favorables au Real ont émaillé ses récents succès. Le Catalan n’a pas justifié ses propos de la sorte mais il a laissé planer le doute. L’intérêt est triple : il peut ainsi mettre la pression sur le rival, d’abord, sur les arbitres, aussi, et sur ses propres coéquipiers, enfin. Car, jusqu’à sa dernière performance, le Barça avait bel et bien toutes les cartes en mains. « Ce nul nous met dans une position où gagner le titre ne dépendra plus de nous », a-t-il aussi admis. D’autant que sur le pré, le club catalan n’a laissé entrevoir que d’infimes signes de progrès. Certains problèmes sont encore loin d’être résolus, Griezmann a débuté sur le banc et Séville n’a eu besoin que d’un plan anti-Messi pour neutraliser l’équipe. « Il faut se montrer critique avec certaines choses, mais il faut aussi en souligner d’autres. Il y a deux options : soit on se lamente, soit on pense à ce que l’on a bien fait. Il n’y a pas de quoi dramatiser », a modéré Setién, avant de, lui aussi, s’adresser indirectement au rival madrilène : « Maintenant, c’est à notre adversaire direct de jouer, et de gagner, ce qui n’est pas chose aisée. Mais je reste optimiste, c’est ma nature ». n