Ce week-end, les championnats ont repris après une trêve internationale qui a fatigué plus d’un observateur. Tout le monde était content jusqu’à ce que le match entre Cadiz et le Valencia CF débute, ce dimanche en fin d’après-midi. Car, une nouvelle fois, cela a été trop loin. À la 36e minute, alors que le score était d’un partout, un duel aérien se joue entre le premier buteur du match, Cala, et le défenseur français Mouctar Diakhaby. Un duel qui se termine mal. Les mots fusent.
À la suite de ce duel, les joueurs valencians décident de quitter la pelouse, une première dans l’histoire de la Liga. La raison ? Cala aurait tenu des propos racistes à l’encontre du défenseur. En conséquence, le match a été interrompu entre 30 et 45 minutes. Finalement, les joueurs visiteurs ont été contraints et forcés de reprendre la rencontre sous peine de perdre sur tapis vert. Une chose que n’avaient pas connue les joueurs du PSG et d’Istanbul Basaksehir en début de saison.

Valencia fier de ses joueurs
«On nous a dit que si nous refusions de reprendre le jeu, nous pourrions perdre les trois points, voire plus. Diakhaby nous a alors demandé de retourner sur le terrain et de nous battre pour le club. Alors nous l’avons écouté. Sans son autorisation, nous n’aurions pas repris la rencontre. Lui était très abattu et ne se sentait pas la force de jouer. À le voir si mal, je n’ai aucun doute qu’il a vraiment été victime d’insultes racistes», a lâché José Luis Gaya, le capitaine de Valence, après le match perdu (1-2).
Le joueur de Cadiz, selon les captations de la Movistar aurait dit : «non, noir de m… non!», ce qu’il a réfuté comme l’a expliqué son coach : «nous ne savions pas comment réagir. C’est la première fois que cela m’arrive dans ma carrière. Cala m’a assuré qu’à aucun moment il n’avait insulté quiconque et moi je le crois».
Dans la journée, Diakhaby a reçu quelques soutiens, comme celui du défenseur international français Eliaquim Mangala et surtout un communiqué de son club.
«Mouctar Diakhaby est aujourd’hui une autre victime du racisme dans le football. Après avoir subi une insulte raciste intolérable, il a reçu un carton jaune pour avoir protesté. Nous sommes fiers du soutien que Diakhaby a reçu de ses coéquipiers et de la décision de quitter le terrain en bloc. Nous espérons que cet événement fera l’objet d’une enquête.
À notre grande déception, aucune décision n’a été prise. Le club n’a demandé, à aucun moment, à ses joueurs de revenir sur le terrain. L’arbitre fait part aux joueurs des conséquences potentielles de ne pas retourner sur le terrain de jeu. Les joueurs, contraints de jouer sous peine de pénalité après les insultes racistes et le carton jaune à Diakhaby, décident de retourner sur le terrain. Diakhaby a demandé à ses coéquipiers de revenir sur le terrain et de se battre. Ses collègues ont respecté sa volonté», peut-on ainsi lire dans une partie du communiqué.
Alors, forcément, ce lundi matin, tous les journaux espagnols évoquent l’affaire et la palme de la Une la plus remarquable revient probablement à Marca, qui montre le joueur assis sur le banc de touche, les bras croisés, avec cette inscription «tu n’es pas seul». Nul doute qu’après ce tollé, les instances du foot du pays de Cervantès vont se pencher sur ce cas et si tout est avéré, devraient sanctionner assez fortement le joueur de Cadiz impliqué.