A l’annonce du licenciement de cinq de leurs collègues de la Direction régionale de Annaba, dont une femme et un syndicaliste, le collectif des cheminots a décidé de déclencher un mouvement de grève hier, mardi, paralysant en grande partie le trafic ferroviaire.

Toutefois, cet arrêt, porté à la connaissance de la Direction générale de la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) lundi, a tout l’air de la goutte qui a fait déborder le vase, puisque le Syndicat national des cheminots est en conflit avec la Direction générale depuis le mois de mai dernier. Et pour cause. Il déplore de ne pas avoir été suffisamment consulté sur la perspective d’une large restructuration que compte mener cette dernière.
Depuis, la Direction générale de la SNTF ne s’est pas fait attendre dans la perspective d’une large restructuration puisqu’elle avait décidé, à l’époque, «de suspendre les prêts sociaux et de restreindre l’activité syndicale au sein de la société», avait révélé un communiqué du Syndicat national des cheminots. Il n’en fallait pas plus pour que le partenaire social monte au créneau pour se faire entendre. Dans ce sillage, on apprend de sources concordantes que le secrétaire général du Syndicat des cheminots a fait parvenir, il y a quelques semaines, au Directeur général de la SNTF ses observations sur le procès-verbal du conseil de coordination et d’évaluation, tenu le 22 mai dernier, auquel il avait pris part en tant que partenaire social. Tout en précisant qu’«il n’est pas permis aux représentants des cheminots de se prononcer valablement sans transmettre à la base toutes les données portant sur les réformes à inscrire à l’actif de la SNTF et, plus particulièrement, sur la restructuration de l’entité intégrée que constitue le réseau ferroviaire national». Le syndicat a soutenu : «Compte tenu de la délicatesse de ces réformes que vous signalez dans le P-V en question, et que nous n’avons jamais, en notre qualité, ni approuvées ni avons été consultés sur leur nature et leur viabilité, il n’est pas de notre compétence ni nous sommes mandatés pour avaliser l’approche annoncée». A ce propos, le secrétaire général fait mention dans sa note que le syndicat s’est dit ne pas «souscrire à l’éclatement de la SNTF, que ce soit sous forme de partenariat ouvert ou de création de filiales».

Projet de restructuration de la SNTF
Sur ce dernier point, le syndicat refuse à la SNTF d’entreprendre quoi que ce soit sans avoir au préalable l’aval de la base et être rassuré quant à la préservation de la SNTF en tant qu’«entreprise publique stratégique exclusivement placée sous le contrôle de l’État». En résumé, le syndicat estime que la SNTF doit rester la propriété de l’Etat. C’est pourquoi il se dit ne pas «souscrire à l’éclatement de la SNTF, que ce soit sous forme de partenariat ouvert ou de création de filiales». Toujours est-il que le syndicat admet que «la SNTF et le réseau ferroviaire doivent faire l’objet de réactivation et de modernisation grâce aux importants crédits de l’Etat dans le cadre du programme complémentaire de développement national sans qu’il soit procédé au démantèlement des structures intégrées constituant son ossature». Du coup, on peut en déduire que l’approche du syndicat sur le devenir du réseau ferroviaire est différente de celle des pouvoirs publics. Comme gage de bonne volonté, le syndicat a réitéré sa disponibilité à «discuter de tous les stades de propositions qui garantissent l’intégrité de la SNTF». Mais en posant toutefois ses conditions : la pérennité de l’avenir des cheminots et leurs acquis sociaux et professionnels, la préservation de la SNTF en tant qu’entité industrielle et économique homogène.

Lancement d’un audit interne
Pour sa part, la Direction générale de la SNTF a rapporté, dans un communiqué rendu public lundi dernier en fin d’après-midi, que la société traverse une phase sensible du fait de son manque à gagner depuis près d’une année. «Une situation qui doit être prise en charge avec beaucoup de sens de responsabilité», est-il mentionné. On lit en outre que la SNTF a lancé un audit interne et dont seront concernées toutes les parties prenantes notamment les filiales que compte la SNTF. «Une démarche rendue nécessaire après la mise en évidence de nombreuses lacunes et autres gabegies dans la gestion courante», est-il souligné. «Autant d’irrégularités et de dysfonctionnements que la Direction générale cherche à corriger», conclut le communiqué.
Notons enfin que le syndicat a rencontré, hier en fin d’après-midi, le Directeur général de la SNTF et ses proches collaborateurs. Nous en saurons plus sur ce qui a été convenu, la cellule de communication de la Direction générale a fait savoir qu’un communiqué sera diffusé dans les prochaines heures. n