Les moudjahidine et les ayants droit n’ouvrent pas droit à une réduction du délai de renouvellement de la licence pour véhicules. C’est le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, qui a déclaré que la proposition relative à la réduction du délai de renouvellement de cette licence de 5 à 3 ans est irrecevable. «Elle exige une adaptation juridique et des dispositions relevant des lois de finances», a-t-il répondu aux sénateurs qui ont fait la proposition.

«Cette proposition exige une concertation avec d’autres services et la proposition de mesures qui relèvent des lois de finances», a-t-il dit. Cette licence figure parmi « les avantages accordés aux moudjahidine et ayants-droit », a-t-il rappelé, soulignant qu’elle est aussi accordée aux invalides de la guerre de libération nationale dont le taux d’invalidité atteint ou dépasse 60%. Ceux dont le taux d’invalidité est inférieur à 60% bénéficient d’un rabais qui équivaut à leur taux d’invalidité. Le ministre a ajouté que les enfants de chouhada «bénéficient des mêmes avantages tous les 5 ans et d’une exonération des taxes douanières à l’achat d’un véhicule touristique et utilitaire». Rappelant, dans ce cadre, que cet avantage concernait en réalité «les véhicules aménagés aux personnes invalides ou handicapées». M. Zitouni a affirmé que son département s’employait à la mise en place d’un cadre juridique adéquat afin de consacrer le contrôle de cette procédure, avouant que la réalité sur le terrain ne reflète pas les véritables objectifs de l’octroi de cet avantage. Il a également fait état de la simplification des procédures administratives, de l’amélioration du service public et de sa décentralisation, notamment en ce qui concerne la délivrance des licences d’achat de véhicules au niveau des wilayas, sans la remise de documents ou la constitution d’un dossier, grâce à la liaison des services du ministère avec le fichier national d’état civil au niveau du ministère de l’Intérieur. «L’Algérie est pionnière en matière de prise en charge des moudjahidine et de conservation du patrimoine et de l’histoire du mouvement national ainsi que de la résistance et de la révolution nationales», a indiqué M. Zitouni. En réponse à une question sur la collecte des témoignages des moudjahidine, le ministre a estimé que cela «s’inscrit parmi les missions principales et fondamentales du ministère», ajoutant que le ministère a chargé le centre national d’études et de recherche sur le Mouvement national et la Révolution nationale, le Musée national du moudjahid, les musées de wilayas et régionaux et les directions des moudjahidine «de se rendre aux domiciles des moudjahidine afin d’enregistrer, par le son et l’image, leurs témoignages». Dans le même contexte, M. Zitouni a fait état de la collecte d’un nombre important de témoignages sur la révolution nationale devant servir de matière brute aux recherches en histoire, précisant que «cette opération se poursuit toujours et touchera l’ensemble du territoire national». Il a appelé «les moudjahidine à apporter leurs témoignages en vue de faire taire certaines parties étrangères gênées par l’histoire de l’Algérie», qui constitue, a-t-il dit, «la fierté et la dignité du peuple algérien».H. L