Un responsable associatif libyen a été enlevé dans la capitale Tripoli par des hommes armés non identifiés après avoir appelé à manifester en faveur des élections législatives et présidentielles prévues en décembre, a indiqué l’ONU. Imad al-Harathi, président de la Ligue nationale des jeunes, «aurait été enlevé par des inconnus armés dans son bureau à Tripoli le 26 septembre», a affirmé la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul), dans un communiqué publié tard mardi. Ce rapt fait suite à «son appel à manifester pacifiquement en faveur des élections du 24 décembre», a ajouté la mission onusienne. Se disant «préoccupée», la Manul a appelé à «la libération immédiate de M. Harathi et à une enquête rapide et approfondie sur son enlèvement». Injoignable dans l’immédiat, le gouvernement de transition dirigé par l’homme d’affaires Abdelhamid Dbeibah et installé à Tripoli n’a pas réagi publiquement à cet enlèvement. La Ligue nationale des jeunes est un organisme gouvernemental qui fédère les jeunes à travers le pays. La Libye tente de s’extraire d’une décennie de chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, un chaos marqué par l’existence de pouvoirs rivaux, par des violences sanglantes et par la présence de milices, de combattants étrangers et de groupes jihadistes. Après la fin des combats à l’été 2020, un gouvernement unifié et transitoire a été formé en début d’année sous l’égide de l’ONU, avec pour objectif de mener le pays à des élections législatives et présidentielle prévues le 24 décembre. Malgré les progrès enregistrés sur le plan politique ces derniers mois, la situation sécuritaire reste cependant précaire dans ce pays d’Afrique du Nord. En juin, un représentant du Croissant-Rouge en Libye avait été enlevé par des inconnus dans l’est du pays, région contrôlée de facto par le maréchal Khalifa Haftar, où les enlèvements et les assassinats sont fréquents. Son sort demeure inconnu. Mi-août, un responsable gouvernemental libyen avait été quant à lui libéré, deux semaines après son enlèvement à Tripoli par des hommes armés non identifiés.
Un proche conseiller de Biden en Egypte
Le conseiller de Joe Biden pour la sécurité nationale Jake Sullivan a plaidé mercredi avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour la tenue des élections prévues en décembre en Libye, pays ravagé par des luttes de pouvoir, selon la présidence égyptienne. Le Caire, grand allié des Etats-Unis au Moyen-Orient, s’est imposé comme un acteur incontournable sur la scène régionale, sur la question palestinienne comme sur celle de la Libye voisine qui depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011 est en proie à des violences sanglantes. L’Egypte a récemment reçu la visite de l’homme fort de l’Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, chef de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) et candidat potentiel à la présidentielle prévue le 24 décembre, ainsi que de son rival le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah. A chaque fois, Le Caire a plaidé pour la tenue des élections législatives et présidentielle à la date prévue afin d’accélerer un retour à la stabilité alors que les Libyens sont pris en étau entre les pouvoirs rivaux de l’Est et de l’Ouest et les différents acteurs internationaux impliqués dans leur pays. MM. Sullivan et Sissi ont évoqué «l’organisation des élections» en Libye, «le retrait des troupes étrangères et des mercenaires» et «l’unification des forces armées» de ce pays, rapporte le porte-parole de M. Sissi, Bassam Radi, dans un communiqué. Les élections libyennes sont actuellement menacées car le président du Parlement Aguila Saleh a ratifié une loi électorale controversée favorisant le général Haftar, tandis que le Parlement siégeant à Tobrouk (est) a voté une motion de censure contre le gouvernement. MM. Sissi et Sullivan ont également évoqué l’épineux dossier du Grand barrage de la Renaissance (Gerd), un méga-projet qui provoque des remous parmi les pays traversés par le Nil, au sujet duquel l’Ethiopie et l’Egypte sont à couteaux tirés. De son côté, la Maison Blanche a indiqué que M. Sullivan allait redire au Caire, régulièrement épinglé sur la question des libertés, «l’importance des droits humains» après que Washington a récemment conditionné le déblocage d’environ 10% de son aide militaire à l’Egypte au fait qu’elle annonce «des mesures précises liées aux droits humains». <