Le commandant d’une milice libyenne, Salah Badi, a été placé sur la liste noire des sanctions américaines lundi dernier, dans la foulée d’une mesure similaire du Conseil de sécurité de l’ONU.

Salah Badi a été sanctionné parce qu’il oeuvre à saboter le gouvernement libyen et la stabilité depuis 2014, selon le département d’Etat américain. M. Badi est l’un des dirigeants du front Al-Soumoud et de Fajr Libya, qui ont tous deux défié la fragile coalition du gouvernement d’union nationale (GNA) soutenu par l’ONU. «En août 2018, Badi a ordonné des actions contre des milices rivales alignées sur le gouvernement d’union nationale, exacerbant l’instabilité à Tripoli», a indiqué le département d’Etat dans un communiqué. «En plus de cela, les forces sous le commandement de Badi ont fait usage de roquettes Grad dans des zones très peuplées, provoquant la destruction et faisant des victimes de manière aléatoire, y compris parmi les services de secours et les ambulanciers».
En septembre, selon le Trésor américain qui applique les sanctions, les combattants de Salah Badi ont ignoré les appels de l’ONU à se joindre à un cessez-le-feu et ont continué d’attaquer des milices rivales. Le Conseil de sécurité des Nations unies avait placé M. Badi sur sa liste des personnes sanctionnées vendredi dernier – gel d’avoirs et interdiction de voyager– en réponse à une proposition de la France. Cette annonce a été faite après la conférence internationale sur l’avenir de la Libye qui s’est tenue à Palerme, en Italie, la semaine dernière, et au cours de laquelle les divisions entre Libyens mais aussi entre pays tiers ont été exposées au grand jour. Plusieurs chefs de factions libyennes ont refusé de rencontrer leurs rivaux, et les parrains internationaux de la conférence n’ont eux-mêmes pas pu se mettre d’accord sur la manière de procéder.n