L’année 2017 qui s’achève aura été particulièrement cahoteuse avec ses bouleversements et ses développements qui avaient produits de nouvelles situations engendrant des positionnements nouveaux. La déconfiture de Daech en Irak et en Syrie, au Moyen-Orient, la guerre au Yémen, et la question palestinienne avec la bravade des Etats-Unis de Donald Trump devraient continuer à avoir d’inévitables soubresauts.

La Libye, toujours en instabilité, et la région du Sahel devraient également accaparer les efforts de la diplomatie algérienne dans une perspective de traitement politique et d’évitement des scénarios du pire. Pour l’année nouvelle, l’Algérie sera confrontée à des dossiers d’une extrême sensibilité et qui engagent particulièrement la stabilité des frontières et celle des rapports bilatéraux avec ses partenaires. Les difficultés économiques vont indéniablement avoir leurs effets sur les choix liés à l’international. L’embarras suscité récemment par l’affaire de la banderole du stade d’Aïn M’lila, mettant en cause le roi d’Arabie saoudite, n’aurait probablement pas eu lieu dans d’autres conjonctures internationales. La dépendance de l’économie algérienne au prix du pétrole aura constitué, selon certains observateurs, dans cette affaire un véritable talon d’Achille. Ainsi se repose la question de l’importance d’une réflexion sérieuse sur les moyens à préserver, à mettre en œuvre et à entretenir afin de consolider la souveraineté, dont la question économique est extrêmement primordiale. Pour l’année nouvelle, le dossier du Sahel devrait constituer l’une des thématiques les plus à surveiller tant cette zone du monde reste sous l’œil grandissant de plusieurs puissances qui voudraient maintenir leur influence afin de préserver leurs intérêts. L’activisme visible de la France dans une zone, considérée comme faisant partie de son champ d’influence traditionnel, devrait à cet effet prendre de l’ampleur. La mise en place de la force G5 Sahel, initié par Paris avec certains Etats, est toujours regardée avec prudence par Alger pour qui la lutte contre le terrorisme dans cette région ne saurait se faire sans le rôle indispensable des Etats concernés. D’autre part, les Etats-Unis, qui ne cachent plus leur volonté de jouer un rôle plus franc dans cette région du monde, envoient de plus en plus des signaux qui ne font que brouiller davantage les perspectives.

Repositionnements

La question cruciale de la Libye sera sans nul doute d’une grande importance durant l’année nouvelle. L’évolution de ce pays voisin et l’effervescence interne qui l’ont caractérisé durant 2017 annoncent déjà une modification des rapports de force entre acteurs internes mais aussi externes. Le double jeu du maréchal Haftar dans une Libye particulièrement instable ne fera que compliquer un retour rapide à la normale. La recherche d’un nouvel accord consensuel qui remplacerait celui de Skheirat qui, apparemment, est arrivé à ses limites sera indubitablement le défi à relever pour les acteurs en présence et les pays voisins. Les efforts de la tripartite Algérie-Tunisie-Egypte sur la situation libyenne tentent d’éviter à ce pays une déflagration qui ne ferait que mener à l’intervention étrangère avec son corolaire de dangers pour toute la région. L’année 2018 devrait voir s’exacerber un certain nombre de « points chauds » à travers le monde avec leurs corolaires de nouveaux repositionnements des acteurs. L’évolution de la question syrienne devrait rythmer les relations dans le monde arabe. L’Algérie, qui est arrivée à garder ses distances sur cette question, aura finalement eu raison au vu de l’évolution de la guerre. Enfin, sur le plan continental, la tendance sera axée sur la réforme de l’Union africaine « afin de la rendre plus efficace ». Un défi à relever pour les cadors de l’Union qui devraient prendre soin d’éviter les pièges de certains acteurs dont l’ambition désormais affichée est de susciter la dissension dans l’organisation panafricaine. <