Le 32e sommet de l’Union africaine s’est achevé lundi à Addis-Abeba, sous la présidence de l’Egyptien Abdel Fattah Al-Sissi avec un certain nombre de décisions et d’orientations. L’une des principales décisions du Sommet concerne la Libye. Alors que ce pays vit toujours une instabilité chronique, l’organisation d’une conférence nationale de réconciliation (initialement prévue au premier trimestre 2019) est annoncée.

Les discussions entre le Comité de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye et l’émissaire de l’ONU pour la Libye ont permis de fixer à la première quinzaine de juillet la tenue de ce grand rendez-vous. Smaïl Chergui, commissaire de l’UA pour la paix et la sécurité, s’est félicité d’un nouveau départ du processus de stabilité du pays, espérant une meilleure coordination avec le représentant de l’ONU. Le gouvernement libyen d’union nationale n’a pas été invité à participer à l’organisation de la conférence.
L’Egypte, à la tête de l’UA, ne souhaiterait pas que le gouvernement Fayez Al-Sarraj ait la responsabilité de choisir les participants. Ce qui devrait compliquer un tant soit peu l’organisation de l’évènement et le rapprochement des parties. Les élections présidentielles et législatives en Libye, qui devraient succéder à la tenue de cette conférence, sont prévues en octobre. Un calendrier que l’UA s’engage à tenir. Un autre dossier a tenu les participants au Sommet en haleine, les élections controversées en RDC. En dépit de certaines réticences, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA et la commission ont félicité Félix Tshisekedi pour sa victoire lors de la présidentielle du 30 décembre dernier. Le nouveau président congolais, qui effectuait sa première visite au siège de l’UA, a eu même de nombreuses rencontres bilatérales avec des chefs d’Etat qui avaient pourtant émis des doutes sur son élection. Le président congolais repart donc à Kinshasa légitimé par ses pairs.
Dans sa déclaration finale le président de la commission, Moussa Faki, a tenu à saluer les progrès réalisés par la commission paix et sécurité sur autant de points chauds à travers le Continent : la Libye, le Sahel, le Soudan du Sud, la Corne de l’Afrique et la Centrafrique.
Un budget en baisse
La réforme du barème des contributions des Etats membres au budget de l’UA, engagée lors de ce sommet, a noté une évolution inquiétante. Le budget régulier de l’institution panafricaine sera en baisse de 32 millions de dollars 2020. L’idée de la réforme était de réduire la dépendance financière aux six principaux donateurs de l’UA. La contribution de ces pays a été limitée. C’est la deuxième année consécutive que le budget de l’UA est en baisse. Il était déjà passé de 790 millions de dollars en 2018 à 681 millions de dollars pour 2019. Cette tendance n’était pas véritablement prévue. Les Etats africains ont approuvé les recommandations des ministres du Commerce de l’UA concernant la désignation des produits sensibles et de la liste d’exclusion « sur la base des critères de sécurité alimentaire, sécurité nationale, recettes fiscales, moyens de subsistance et industrialisation ». Le Sommet de l’UA a décidé que les Etats membres souhaitant nouer des partenariats avec des tiers devraient informer l’Assemblée. Les ministres de l’UA chargés du Commerce sont appelés à achever les négociations sur l’investissement, la politique de concurrence et les droits de propriété intellectuelle, et soumettre les projets de textes juridiques à la session de janvier 2021 de l’Assemblée. L’UA avait chargé en 2016, le président rwandais Paul Kagame de réfléchir à une réforme afin de garantir l’autonomie financière de l’organisation et in fine pour lui donner les moyens de sa souveraineté politique. Kagame, dont le bilan apprécié, avait décidé de tailler dans les dépenses de l’UA, en limitant le nombre de sommets et de commissions, et à réduire sa dépendance à l’égard des donateurs étrangers. Il a aussi suggéré que l’Organisation panafricaine limite ses priorités à la sécurité, la politique et l’intégration économique.n