Par Kahina Terki
Le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra poursuit son marathon diplomatique à New York. En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, il a eu des discussions avec le président du Conseil présidentiel libyen, Mohamed Younes El-Menfi. «J’ai été reçu par le président du Conseil présidentiel libyen (…) auquel j’ai réitéré la solidarité de l’Algérie et son soutien permanent au peuple libyen frère pour la concrétisation des priorités de l’étape actuelle», a tweeté le ministre algérien.
Par «priorités de l’étape actuelle», Ramtane Lamamra désigne le calendrier électoral libyen et l’objectif d’organiser des élections législatives et présidentielles en décembre proche avec l’appui des Nations unies. En somme, le chef de la diplomatie rappelle la position algérienne classique de se ranger derrière les résolutions onusiennes et les solutions qu’elles soutiennent. Des solutions menacées aujourd’hui et susceptibles de ne pas voir le jour au vu des rivalités qui se sont à nouveau accentuées durant ces dernières heures entre le gouvernement de transition à Tripoli et le Parlement de Tobrouk, sans doute sur fond de tractations secrètes avec des acteurs clés de la crise libyenne et en fonction d’intérêts économiques et géopolitiques connus de tous. C’est pourquoi, lors de l’entretien qu’il a eu avec le network CNN, M. Lamamra a tenu un discours extrêmement prudent sur l’équidistance de l’Algérie vis-à-vis des belligérants libyens. Alger ne soutient aucune partie à l’exception du peuple libyen, a-t-il déclaré au média lourd. «S’il y a un pays dans la région qui est à équidistance de tous les (protagonistes) en Libye, c’est précisément l’Algérie, donc j’estime que cela doit être corrigé», a-t-il affirmé en réponse à une question sur des allégations contre l’Algérie, selon lesquelles Alger ne serait pas un «intermédiaire honnête» dans le processus de règlement de la crise en Libye.
«Nous avons organisé dernièrement une rencontre regroupant les pays voisins de la Libye et je pense que cette rencontre a été un succès. Nous avons réussi à créer un consensus parmi ces pays quant à l’importance du départ des mercenaires et des terroristes (mais) sans déstabiliser les pays de la région», a déclaré le ministre en rappel des initiatives de la diplomatie algérienne à rapprocher les parties libyennes rivales «Nous restons aux côtés du peuple, des autorités et du gouvernement libyens et nous ferons tout ce qui est possible pour que les élections (législatives et présidentielles prévues en décembre prochain) se tiennent dans les délais (…) et pour que ce pays retrouve sa place dans la région comme un acteur clé».