Les parties libyennes qui se sont entendues récemment, les 7, 8 et 9 septembre, à Montreux en Suisse sur «une phase préparatoire» poursuivent leurs efforts de rapprochement. Objectif : parvenir à une solution politique viable pour leur pays lors de leurs prochains pourparlers prévus en octobre à Genève, et réussir à former un nouvel exécutif pour organiser de nouvelles élections dans un délai de 18 mois.

Mercredi, 17 septembre, le président du Conseil présidentiel du Gouvernement d’union nationale (GNA) libyen Fayez al-Sarraj a annoncé être prêt à quitter ses fonctions au plus tard fin octobre. ««J’annonce à tous mon souhait sincère de céder mes fonctions à un prochain pouvoir exécutif avant fin octobre au plus tard, en espérant que le Comité de dialogue achève ses travaux, choisisse un nouveau Conseil présidentiel et transfère les pouvoirs au Premier ministre conformément aux conclusions du Congrès de Berlin», a-t-il déclaré.
Le chef du GNA, qui s’est exprimé lors d’une brève allocution télévisée, s’est félicité du dialogue interlibyen mené sous l’égide de l’ONU et des recommandations qui en ont découlé en référence aux consultations de Montreux, soulignant que ces discussions ont balisé le terrain pour une «phase préparatoire» à une solution globale en Libye. Il a déclaré son «soutien à tout dialogue politique qui déboucherait sur l’élection de nouveaux organes politiques susceptibles de mettre un terme à la division en Libye». Après avoir fait le 21 août dernier deux déclarations distinctes de cessez-le-feu, les rivaux libyens ont retrouvé le chemin du dialogue à Montreux pour relancer le dialogue inclusif facilité par l’ONU et trouver une solution politique à la crise libyenne.
Lors de ces concertations, les parties libyennes ont accepté de tenir des élections dans les 18 mois et de restructurer le gouvernement. Dans la foulée, le gouvernement installé à Benghazi a aussi annoncé sa démission après les violences ayant marqué les dernières manifestations dans la ville d’Al-Marj, dans l’est de la Libye. A ce sujet, la mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a relevé que ces manifestations soulignaient le besoin urgent de «lever le blocus pétrolier» et «de revenir au processus politique inclusif» afin de répondre aux aspirations du peuple libyen à un «gouvernement représentatif», à la paix et à la dignité.
Nouveau mandat pour la MANUL
Jeudi, l’ONU a salué la «décision courageuse du chef du Gouvernement d’union nationale (GNA) libyen, Fayez al-Sarraj, de démissionner d’ici la fin du mois prochain. Stephanie Williams, représentante spéciale par intérim du secrétaire général des Nations Unies en Libye, a estimé dans un communiqué que cette annonce «intervient à un tournant décisif dans la crise libyenne de longue date, au moment où il est clair que la situation n’est plus tenable», a-t-elle ajouté. «Il incombe désormais aux parties libyennes concernées d’assumer pleinement leurs responsabilités devant le peuple libyen, de prendre des décisions historiques et d’accepter des concessions mutuelles pour le bien de leur pays», poursuit le communiqué.
Mardi, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2542 (2020) qui proroge d’un an, jusqu’au 15 septembre 2021, le mandat de la MANUL, en charge de la facilitation du processus de transition en Libye. Si la nouvelle résolution ne modifie par le cœur du mandat de la mission, elle s’écarte des priorisations des responsabilités énoncées par les textes précédents et indique que la Mission est désormais «chargée de mener des activités de médiation et des missions de bons offices, dans le strict respect du principe d’appropriation nationale».
La MANUL est également appelée à «appuyer l’instauration d’un cessez-le-feu, une fois convenu par les parties libyennes», et à «fournir le soutien approprié à son observation». Le Conseil lui demande en outre de coordonner et de dialoguer étroitement avec les acteurs internationaux et les pays voisins ainsi que les organisations régionales. Ce texte ayant été adopté après la démission, le 2 mars, de l’ancien représentant spécial pour la Libye, Ghassan Salamé, stipule que la MANUL devrait désormais être dirigée par un envoyé spécial du secrétaire général, tandis qu’un coordonnateur serait chargé des opérations et de la gestion quotidiennes de la Mission.
Outre le rapport périodique contenant des propositions pour «assurer une surveillance efficace du cessez-le-feu sous les auspices de l’ONU «qu’il devra présenter dans les 60 jours, le secrétaire général est prié, par le Conseil de sécurité, de procéder à un «examen stratégique indépendant» de la MANUL et de lui en rendre compte, au plus tard le 31 juillet 2021. n