Par Salim Benour
La conseillère du secrétaire général de l’ONU sur la Libye, Stephanie Williams, a annoncé, vendredi, la participation des parties libyennes au deuxième round des réunions de la commission mixte (Parlement-Haut Conseil d’Etat/ HCE) prévue le 15 mai au Caire, en vue d’établir une base constitutionnelle pour la tenue des prochaines élections dans le pays.
La diplomatie américaine a eu l’affirmation lors de deux réunions distinctes qu’elle a tenues avec le premier vice-président de la Chambre des représentants libyenne, Fawzi Al-Nouiri, et le président du HCE, Khaled Al-Mechri, a-t-elle annoncé sur son compte Twitter. Elle a déclaré: « Jeudi soir, à Tripoli, j’ai rencontré M. Fawzi Al-Nouiri, qui a confirmé l’engagement de la Chambre des représentants libyenne (Parlement) à participer au deuxième tour des réunions de la commission mixte avec le HCE le 15 mai, au Caire ». Elle a ajouté : « Jeudi, j’ai rencontré le chef du HCE, Khaled Al-Mechri, qui a confirmé l’engagement du conseil à participer au deuxième tour des réunions du Caire ».
La diplomate américaine a expliqué que le deuxième tour de réunions vise à convenir des dispositions constitutionnelles nécessaires pour organiser des élections nationales en Libye dès que possible ». Le 3 mars 2022, la conseillère spéciale du chef de l’ONU sur la Libye, Stephanie Williams, a annoncé une initiative visant à former une commission mixte de la Chambre des représentants et du Haut Conseil d’Etat pour convenir d’une base constitutionnelle sur la base de laquelle seront organisées des élections générales le plus tôt possible. Les premières consultations se sont tenues au Caire, en Egypte du 13 au 18 avril.
Les déclarations de la conseillère du chef de l’ONU sur la Libye tranche avec la réalité du terrain où les rivalités entre Tripoli et Tobrouk ne semblent pas cesser et menacent même d’un effondrement du processus laborieusement mis en place par les instances internationales. Mercredi, 4 mai, le Premier ministre libyen désigné par la Chambre des représentants, Fathi Bashagha, a déclaré que son gouvernement exercera ses fonctions à partir de la ville de Syrte (centre) s’il y a risque de heurts lors de son entrée dans la capitale, Tripoli. M. Bashagha a précisé que son gouvernement souhaite « exercer ses fonctions depuis la capitale, Tripoli, sans verser une seule goutte de sang, mais s’il y a un risque que cela se produise, il s’acquittera de ses fonctions depuis la ville de Syrte ».« Syrte est située au centre de la Libye et relie l’est du pays avec l’ouest et le sud, et c’est une ville qui ne connaît pas de tensions ou d’hostilités avec le reste des villes libyennes », a-t-il ajouté. « Le gouvernement de Abdelhamid Dbeibeh, dont le mandat a expiré, a bloqué toutes les voies permettant d’atteindre les élections (…) Ce gouvernement ne se préoccupe que de rester au pouvoir le plus longtemps possible », a-t-il encore dit. Le gouvernement Bashagha a tenu sa première réunion le 21 avril à Sabha (sud) pour discuter de son programme, compte tenu du fait le gouvernement d’union nationale ne lui a pas officiellement remis le pouvoir.
La Chambre des représentants a confié à Bashagha, au début du mois de février, la mission de former un gouvernement pour succéder à celui de Dbeibeh, qui a refusé de remettre le pouvoir, si ce n’est à un gouvernement issu d’un nouveau parlement élu par le peuple. n